12 janvier 2012

Un bistro ferme (attention, billet à haute teneur réactionnaire)

Vous ai-je déjà dit que j’aime bien les bistros ?

De fait, j’avais réussi à en trouver un, près du boulot, répondant à certains critères : une espèce de brasserie Parisienne avec le personnel déguisé en pingouins, un grand comptoir, une certaine luminosité, … J’avais raconté ma quête dans un billet de blogs. C’était pendant des vacances scolaires (à la Toussaint, peut-être) puisque mes collègues étaient absents et que je ne voulais pas aller manger tout seul à la cantine.

Je voulais manger un sandwich au comptoir en buvant une bière. Par la suite, j’ai pris l’habitude d’y aller de temps en temps, moins d’une fois par semaine en moyenne.

Et j’ai bien fait d’y aller ce midi. Dès ce soir ou demain, Le Bouquet de Grenelle est fermé pour trois mois, pour travaux. Je n’ai pas posé de question, n’étant pas assez habitué et ne voulant pas emmerder le personnel avec les éternelles mêmes questions auxquelles ils doivent probablement répondre à longueur de journée.

J’ai juste compris deux choses : le bar serait plus petit et légèrement déplacé et surtout, le personnel sera conservé, ce qui garantit que les changements ne porteront pas trop sur l’âme de la maison mais surtout sur le décor.

Je n’aime pas ça.

Notez que je ne conteste pas les choix du patron. Au prix où sont les locations (murs et fonds de commerce), il n’a probablement pas d’autre choix. Récupérer une vingtaine de place assise pour gagner une trentaine de couverts par jour est probablement nécessaire. En plus, si je bosse, moi, c’est pour gagner des sous et j’aime bien quand je suis augmenté. Je ne vois pas pourquoi je contesterai ce choix à un patron, tant que ça ne nuit pas au personnel…

Je ne suis pas dans mon blog politique. J’aurais pu broder. Il fait des travaux pour augmenter son chiffre d’affaire. S’il ne réussit pas, il sera ruiné. S’il réussi, le propriétaire pourra librement augmenter son loyer et le patron ne gagnera pas beaucoup plus… D’autant qu’il aura perdu le chiffre d’affaire pour la durée des travaux. La logique idiote du libéralisme. Je voyais encore des andouilles qui en vantaient les bénéfices dans les commentaires de ce billet ironique de Didier Goux…

La spirale sans fin du libéralisme : toujours plus.

Tiens ! Cette semaine, les blogueurs ont beaucoup parlé de la nouvelle offre Free sur les téléphones mobiles. Tiens ! Melclalex se réjouit de voir les prix baisser grâce à la concurrence et tout ça. Très bien pour les consommateurs, en effet. Dès hier, les concurrents ont annoncé des baisses dans leurs propres forfaits. Ils ont fait ça en quelques jours alors qu’ils auraient pu le faire il y a desmois.

Et maintenant ? On fait quoi ? On paye moins cher de forfait mais il nous faudra payer plus cher les téléphones alors que les forfaits pourraient être gratuits, surtout si les opérateurs (ou l’opérateur qui devrait être public) avaient des bornes Wifi partout…

Vous allez dire que je m’égare ? Pas du tout. Je me contente de déplorer une évolution de la société. Les 40 ou 50 000 salariés (à vue de nez et de Wikipedia) en moins chez France Télécom depuis 10 ans n’entrent pas dans les pensées de ceux qui économisent sur les abonnements téléphoniques mais ils ne pourront pas aller au bistro en sortant de Pole Emploi : il n’y aura plus de comptoir et petit rouge à moins de 1€20 (le verre en salle sera sans doute facturé 4 euros au minimum).

Je n’aime pas cette évolution.

« Gilles Jacquier, journaliste, grand reporter, est mort hier, tué à Homs en Syrie en filmant pour France Télévisions le quotidien d’un pays en guerre. » Dans son beaubillet, Marco rend hommage au journaliste mais regrette qu’il faille un mort pour qu’on se rappelle les particularités de cette profession et de son évolution avec des « nouveaux chroniqueurs » qui vont chercher de l’information dans Internet pour gagner de l’oseille avec de la publicité pendant que nous n’achetons plus le journal pour financer « une presse ».

Je n’aime pas cette évolution.

Je suis acteur : j’ai mon iPhone et cherche un forfait à moindre prix et je suis un taulier de blog. Mais pas satisfait.

Un comptoir qui ferme ?

C’est un dernier lieu de rencontre spontané entre les gens qui disparaît. Une autre page de la vie qui se tourne.

Les machines à café des bureaux ont tué la fréquentation du comptoir le matin et en début d’après midi. Le coup des loyers ont poussé les gens normaux vers les banlieues.

Il ne reste que les touristes et les cadres parisiens contant de fréquenter des lieux branchés.

Mais les lieux branchés auront perdu leur âme et se démoderont. Ils disparaitront.

Au profit de quoi ?

Dans l’attente, mes comptoirs vont disparaitre et la société évolue bizarrement.

8 commentaires:

  1. Il reste la débauche : sexe ou alcool. Ou les deux.

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  2. Bel hommage aux bistrots, qui dans nos campagnes reculées ferment aussi les uns après les autres à cause de la surdose de "contrôles biniou", même sur les routes à 4 grammes !

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  3. J'ai la solution: j'ouvre un clandé dans ma cave!

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  4. Kalondour, (c'est bien comme pseudo, ça sonne comme Kronembourg),

    On ne peut pas lutter contre ça. Rouler bourré n'est pas fin. Mais je suis en ville, donc la question n'est pas là...

    D'autant que les bistros marchent bien mieux en province.

    Lo,

    Oui ! Un lupanar, aussi !

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  5. Il vous reste la solution consolatrice de chanter avec Luis Mariano : L'amou-ou-our est un bouquet de Grene-e-elle !

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  6. ... et de se brancher sur Nostalgie.

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