31 octobre 2014

Led Zeppelin, un groupe du Kremlin-Bicêtre ?

Jean-Luc rentrait chez lui ce soir et est passé devant la Comète. Je lui ai offert un verre qu'il n'avait aucun prétexte pour refuser. 

Jean-Luc est né à Bicêtre, il y a une soixantaine d'années. Peut-être un peu moins. Pour l'anecdote, c'est l'époux de la fille de l'ancien propriétaire de la Comète de 1974 à mi 2008. Il en a été le patron avant que je ne fréquente le bistro et je le vois souvent comme le gendre.

Ce dernier me disait que Led Zep avait passé trois semaines à Bicêtre quand il était jeune et que ca avait été un moment de folie. Ils répétaient dans un espace culturel de la mairie. 

Une chanson de Led Zep passait à la radio ce soir (une des plus connues, très calme, mais j'ai oublié le nom ; je n'ai jamais été fan). Et Jean-Luc me disait qu'elle avait été créée à Bicètre, presque devant lui. A l'époque, il était ado. Il parait que c'était la folie dans la commune. Le groupe répétait et les gamins les regardaient. 

Alors j'ai fait une recherche google. 

1969. 

Tout est possible. 

30 octobre 2014

Neuf ans

Quand je suis arrivé au bureau, ce matin, l'hôtesse d'accueil de la tour fumait une clope dehors et il y avait des gugusses qui attendaient à l'accueil. J'en ai reconnu un, c'était un client. Alors j'ai demandé s'il y en avait qui venait chez nous. Il n'y avait personne à part "l'autre". Je l'ai fait entrer avec moi. La scène m'a paru surréaliste. L'hôtesse fumait sa clope et des types attendaient. On a contourné des procédures qui devraient servir à la sécurité.

Cette anecdote n'a aucun intérêt me direz-vous ? Vous avez raison. Sauf qu'elle pourrait faire l'objet d'un vrai billet de blog. Quand on est blogueur depuis un an ou deux, c'est le genre de truc qui pourrait vous faire penser : je vais en faire un billet. Après, ça vous passe. A force d'avoir 15 idées de billets par jour, on finit par s'en foutre.

Pourtant, ce matin, je cherchais une idée de billet avec un sujet idiot pour une bonne raison mais je n'ai pas eu le temps de le rédiger. Au contraire ! J'ai eu le temps de ne pas le rédiger.

C'est une autre anecdote qui motivait ce billet. C'est la deuxième année consécutive que Princesse101 fait un billet sur son blog un 30 octobre pour dire que c'est l'anniversaire de son blog et que je me rends compte que j'ai laissé passer l'anniversaire du mien d'une journée.

Il a eu neuf ans hier. Je crois bien qu'il n'y a que Falconhill à avoir un blog plus ancien parmi mes connaissances. Neuf ans, ça semble énorme.

Relisez mes vieux billets. Il y a sept ou huit ans, j'aurais pu faire trois pages au sujet d'une connasse qui croit plus important de fumer sa cigarette que d'accueillir des visiteurs alors que, au fond, elle n'aurait rien à foutre entre 10h15 et 13h30 puis après 14h15.

Le pire est peut-être que pendant des années de blogage, vous avez toujours tendance à expliquer pourquoi vous faites des billets, qu'est-ce qui vous inspire. Ou du moins à faire des billets sur la motivation.

Alors je vais apporter une réponse formelle à tous les étudiants qui me contactaient à l'époque où mes blogs étaient bien placés dans des classements de blogs, dont les trois ans où mon blog politique était premier du machin.

La question était : pourquoi bloguez-vous, qu'est-ce qui vous motive ?
La réponse standard était : heu... Par habitude, par goût, par réflexe,...
La réponse aurait du être : qu'est-ce que ça peut te foutre, connard ? Je fais bien ce que je veux.

Je suis dans le métro. Je rentre tard parce que j'ai perdu du temps à répondre à des commentaires de Didier Goux dans mon blog politique. Perdu du temps ? Bah ! J'avais envie de lui répondre précisément et on ne perd jamais de temps à discuter avec des potes.

Je suis dans le métro. Il y a à côté de moi une grosse femme noire. Comme la rame n'est pas bondée, elle se croit autorisée à poser son gros sac à main sur le siège à côté d'elle. J'ai fait beaucoup de billets sur le comportement des gens dans le métro parce que quand on est dans le métro, on n'a que ça à foutre.

Aussi, ce soir, je pourrais faire un billet dans mon blog politique sur cette grosse femme noire qui occupe deux places sans compter qu'avec ses nichons, j'ai subitement envie de passer des vacances en Espagne avec un notaire.

Et je le ferais par pure provocation, pour compter le nombre de gros cons qui vont me traiter de gros con raciste.

C'est aussi ça, le blogage.

Bon anniversaire à deux de mes blogs. Désolé pour le retard. Je n'ai pas que ça à foutre, non plus.

J'ai des coups à boire avec les copains.

Un jeune noir est arrivé. Parmi les places libres, il a choisi celle où il y avait le sac. La grosse noire l'a mis sur ses genoux.

Tout peut faire un billet de blog. Tout peut faire un billet de blog. Le jeune noir disait clairement à la grosse noir : connasse, et le savoir vivre ? C'est à cause de pouffes comme toi qu'on trouve tant de racistes en France. 

Et c'est parce que je peux le dire dans mes blogs que je suis content de bloguer. Je lisais ce soir des billets de confrères blogueurs politiques d'une autre gauche que la mienne. Ils parlaient de ce jeune type qui est mort face aux forces de l'ordre. Ils se rendent ridicules. Je lisais un billet d'un con de combat, en particulier.  

Je suis content de bloguer depuis longtemps. Je voi
s rapidement le ridicule. 

Pourvu que ça dure. 

Bon anniversaire à Amy, aussi. Une copine. J'ai loupé la date, le 28, comme l'andouille. Les blogs. Les copains. 

29 octobre 2014

Geek con

Dans mon blog spécialisé dans les nouvelles technologies, j'ai une rubrique "geek con" où je montre toutes les conneries que je peux faire. Je prends donc un autre blog pour montrer les conneries des autres.  

Google a sorti un nouvelle application pour gérer sa messagerie Gmail. La blogosphère geek est émoustillée, forcément. 

Dans un réseau social dont je ne citerai pas le nom mais dont le nom commence par G et fini par +, un lascar disait : "quand je supprime un message, il revient un peu après". 

Compatissants, nous avons essayé en masse d'aider ce brave monsieur, d'autant, pour ma part, que j'ai eu un problème équivalent. 

Nous avons donc interrogé cet abruti. 

Quand il supprimait un mail, il allait ensuite dans "la corbeille" pour vérifier que le mail était effacé. Comme il voyait le mail dans la corbeille, il cliquait sur le machin pour virer le mail de la corbeille pour être sur qu'il soit bien détruit. 

Vous me suivez ?

Cet imbécile n'a pas compris que lorsqu'il  virait un truc de la poubelle, il revenait dans les mails de la boîte de réception. Mon hilarité est provoquée par le fait que des lascars essaient de l'aider. 

27 octobre 2014

Un ciel par jour

Photo prise par un lascar qui va arriver après 10 heures au travail.
Certains de mes confrères ont l'habitude de diffuser des photos de ciel. Je vais faire pareil. Voila une photo de ciel.

J'ai été frappé par l’atmosphère qui régnait à La Défense ce matin. J'ai quitté Bicêtre qui était noyé dans un léger brouillard. A La Défense, le brouillard était "en altitude" si bien que le sommet des tours n'était pas visible, comme s'il s'était évaporé progressivement et qu'on allait avoir une très belle journée.

10 minutes après, effectivement, il n'y avait plus rien.

26 octobre 2014

Les 90 cm du désespoir

Avec le changement d’heure, on ne sait plus trop où on est. En sortant de chez moi, j’ai appelé ma mère comme à peu près tous les dimanches soir. Tout en parlant, j’ai croisé le vieux Joël sur son vélo électrique. La Comète et l’Aéro étaient fermées, je me dirigeais vers le PMU. J’ai fait signe à Joël pour qu’il vienne mais il a refusé. J’étais en pleine conversation donc je n’ai pas insisté mais depuis qu’on est fâchés avec Ramdane, ce vieux con refuse de passer au PMU alors que je m’en fous.

Je finis ma conversation téléphonique et rentre dans le bistro. Voilà Christian et Roger qui rentrent à leur tour. Ce sont des serveurs de la Comète. Je mets une tournée (Christian en met une autre, Roger aussi, le patron du PMU suit, j’en remets une autre, Roger aussi, et je pense avoir loupé une parie). Toujours est-il que Christian et Roger commençaient à papillonner. Pour ma part, il en faudrait le triple pour m’émouvoir. Qu’est-ce que je n’ai pas entendu sur la boutique. Ils aiment bien la patronne mais….

Nelly, il faut qu’on cause un de ces jours. Cela étant, je leur ai rappelé que si j’étais le meilleur client et le plus ancien, ce n’est pas à moi de résoudre leurs histoires.

Au PMU, on papote. Christian part à quatre pattes après que le patron ait fermé. On reste un peu avec Roger mais lui-même commençait à défaillir et je n’ai pas insisté alors que nous avions une occasion pour prendre une cuite mémorable.

Ils m’avaient vidé leur sac sur le nouveau serveur sans se doute que ça pourrait figurer sur internet.

Le patron du PMU commençait lui-même à être plein et j’ai décidé de plier les gaules. On rentre tous.

J’arrive près de l’entrée du parking de l’immeuble, par laquelle je rentre tous les soirs. Un type de la résidence était en train de balancer un lit d’enfant adulte (bref, un lit de 90 cm qu’on garde à la maison pour recevoir). Je connais ce type depuis la nuit des temps. Il était président du machin de la copropriété quand j’ai acheté l’appartement en 1994.

Je lui dis « bonsoir »  mais il ne me répond pas ce qui me met en rage trois secondes le temps de mettre les quelques neurones qui me restent en branle.

Sa fille, a priori plus âgée que moi, s’est suicidée récemment. La gardienne de l’immeuble, qui était déjà là en 1994 m’avait prévenu. Le gars « profitait » de son dimanche soir pour foutre « aux encombrants » la chambre de sa fille.

Il n’a pas répondu à mon « bonsoir ». Je l’excuse et lui présente l’expression de mon amitié et tout ça.


Le personnel de la Comète m’excusera de ne pas avoir recueilli leurs pleurs, au PMU. Si, au moins, ils tenaient la marée…

Le vieux Roger

Tous les samedis midi, je vais prendre l’apéro à l’Amandine où je retrouve Corinne et le vieux Roger. Je ne parle pas souvent du vieux Roger. Il n’a aucun intérêt. Il est raciste comme pas deux et cherche des noises à tous les types minoritairement visible dès qu’il a un coup dans le cornet ! Heureusement qu’on le connait et un « arrête donc ton bordel vieux con » suffit généralement à lui faire fermer sa gueule. Il est de 1931 comme d’autres mais il est à moitié gâteux. Il raconte toujours les mêmes histoires. A chaque fois que je le vois, il se rappelle que je suis Breton et me demande toujours d’où précisément et avant d’avoir fini la question « ah oui, de Loudéac, j’y suis passé pendant la guerre en rentrant à pied à Brest » et fini toujours avec les mêmes anecdotes comme ces pendus par les Allemands dans un petit village à côté.

La première fois, c’est intéressant. Mais au bout de 32980, ça lasse.

Toujours est-il que comme les petits vieux qui n’ont pas mis le pas dans les nouvelles technologies, le changement d’heure est une très grande préoccupation pour lui. C’est un truc qui m’étonne toujours : que les gens soient obligés de réfléchir pour savoir s’il faut avancer la pendule d’une heure ou la reculer.

C’était important, dans le temps, car on risquait de louper l’apéro ou d’arriver en retard au bureau, mais de nos jours, avec nos ordinateurs et nos smartphones qui passent seuls à la bonne heure, je m’en fous un peu. Sauf le dimanche qui suit le changement en octobre vu que j’ai l’impression que c’est actuellement l’heure de l’apéro et pas celle de faire le con dans les blogs.

Le vieux Roger nous a donc longuement parlé du changement d’heure qu’il avait consciencieusement préparé dès le jeudi soir en mettant ses pendules à l’heure. Je lui ai suggéré de faire dès le soir la démarche inverse, ainsi il serait prêt pour le prochaine changement.

Ensuite, il nous a parlé de sa seconde préoccupation. L’Amandine est fermée samedi prochain, le patron allant faire le tour des cimetières comme tous les ans quand la Toussaint tombe un samedi. Les autres années, il réfléchit au cas où il y aurait un peu d’oseille à gagner.

Vous vous rendez compte. Quand l’Amandine est fermée, le vieux Roger ne sait pas quoi faire. J’ai l’air de déconner, là, mais s’il n’y avait pas les bistros et des andouilles comme moi pour les fréquenter, certains petits vieux n’auraient pas de vie sociale. Michel, le patron, l’a prévenu à l’avance : attention, Roger, je suis fermé pour la Toussaint. Ainsi, Roger a pu organiser un séjour de deux jours chez sa fille et il est tout émoustillé par les préparatifs (à savoir faire un sac avec un slip et une brosse à dent puis monter dans la voiture de son gendre qui venait le chercher).

Ainsi, il nous a fait une demi-heure avec ces deux événements comme s’ils représentaient des choses insurmontables à 83 ans. Cela m’a toujours fasciné de voir certaines personnes âgées se focaliser sur des détails au point d’oublier le monde qui tourne et les affaires importantes.

Il n’y avait pas que le monde qui tourne, l’heure faisait pareil et je devais les quitter. J’ai donc demandé des nouvelles des copains, à savoir la mère de Corinne qui ne peut plus prendre l’apéro avec nous depuis qu’elle est à la maison de retraite, et du vieux Jacques. J’avais raconté dans mon blog « comment » il s’était fait hospitalisé mais je n’avais pas de nouvelle à part une vague rumeur comme quoi il s’était viré de l’hosto car il était infect avec le personnel, ce qui ne m’étonnait qu’à moitié. Ils ne m’ont pas confirmé ma version mais ils l’ont effectivement revu : il est bien sorti.

Avec Corinne, on a eu une pensée pour Miranda, la femme à Marcel le Fiacre, qui passe son temps à engueuler Jacques vu qu’il picole trop. C’est alors que Roger n’arrivant plus à suivre la conversion m’a parlé de l’AVC du vieux Jacques. Hein ? Comment ? Le vieux Jacques a eu un AVC ? Mon dieu ! Grave ? Non, pas trop, mais il n’arrive pas à avoir de rendez-vous chez l’ophtalmo et se demande s’il ne doit pas aller aux urgences du 15-20, célèbre hôpital de Paris spécialisé dans les problèmes d’yeux.

Je dis alors « Mais Marcel n’a qu’à l’y envoyer ». A mais il ne peut pas, il a des problèmes de vue à cause de son AVC mais on ne sait pas si c’est vraiment un AVC, il est très diminué et s’accroche au bras de sa femme.

J’ai alors crié, cette fois : « Stop ! » Roger, tu fermes ta gueule et tu laisses parler Corinne. Corinne, j’ai bien compris : Jacques est sorti de l’hôpital et Marcel a fait une espèce d’AVC suite auquel il se retrouve diminué, notamment au niveau de la vue.

Ben oui, c’est ce que je t’ai expliqué me répond Roger. Non, vieux con, tu m’as cassé les burnes avec tes histoires de changement d’heure et de week-end chez ta fille mais tu as oublié de me dire qu’un copain proche a eu un problème de santé… Abruti. Tu deviens sénile : normalement, les vieux, ça parle d’abord de la santé des copains qu’on a une chance de voir mourir avant puis de trucs sans intérêt, tu fais le contraire et en mélangeant les copains entre eux.


Comment veux-tu que je suive, moi ?

24 octobre 2014

La grosse bite à Dudule

J'espère que vous connaissez ce chef d'œuvre. Il est indispensable. Google est votre ami. 

J'arrive à la Comète, à jeun, une gonzesse, par ailleurs charmante, chantait du Piaf, trémolo compris. Tonnégrande dit alors : ah, te voila !, tu connais de belle chanson aussi...

Je me suis à chanter La grosse bite à Dudule, avant même d'avoir bu ma première biere, ce qui est un exploit. 

C'est la grosse bite à Duduuule,
J'la prend, j'la suce, elle m'encuuuule,
Et quand mes amis me disent qu'est-ce que c'est bon,
Quand ils m'la carrent dans l'oignon,
C'est pas une bite ordinaiiiiire,
Quand ils m'la foutent sans l'derrière. 

Voila pour la poésie. 

Toujours est-il que j'en parlais dans Twitter avec un mélomane averti qui me rappelait l'autre chanson du siècle : mon père était vétérinaire. Ne cherchez pas. Il n'y a que deux chansons du siècle. Ne me sortez pas en commentaires toutes les paillardes que vous connaissez, elles n'arrivent pas à la cheville. Elles sont toutes vulgaires et grossières et dans un blog de la qualité de celui-ci, il serait bon d'éviter. 

Edith Piaf et les Rolling Stones peuvent se rhabiller, en plus. 

Ceci m'a rappelé une anecdote du début des années 2000, à une époque pù il n'était pas prisé de chanter la grosse bite à Dudule dans les bistros. 

Toujours est-il qu'un client racontait des conneries au comptoir. Nous ne pouvions pas m'empêcher de parler mais il nous les brisait. Pour signifier mon énervement, j'ai commencé à siffler la première phrase. Le patron a alors marmoné dans sa barbe la deuxième (nous ignorions mutuellement que nous la connaissions)(ce n'est pas un exploit de la connaître, c'est ce que chantent les Bidochon dans je ne sais plus quel album, c'est réellement une chanson connue, si tu ne la connais pas...). 

De fil en aiguille nous nous sommes mis à chanter à tue tête. 

Un grand moment de la chanson française, je vous le jure. 

23 octobre 2014

Le nouveau collègue extrémiste musulman

Je parle parfois dans mes blogs des entretiens que je fais passer pour recruter des nouveaux consultants. Lors de la dernière série, on en a recruté un qui doit commencer lundi. Un noir, dans notre domaine, c'est rare. J'ai toujours un a priori positif pour les jeunes Africains (les vrais : ce qui sont nés Afrique, ont fait leurs études là-bas et viennent bosser ici) : ils viennent soit pour réellement travailler soit pour apprendre le boulot, ce qui revient au même. Ils sont bosseurs et pas chiants contrairement aux natifs de chez nous qui ne pensent qu'à démontrer leurs compétences pour passer calife à la place du calife, quelle que soit leurs origines. 

Toujours est-il qu'il bossait auparavant chez un de nos fournisseurs. Le monde est petit. La rumeur est arrivée aujourd'hui : il serait très musulmans et refuserait de serrer la main aux femmes. Effectivement, lorsqu'on l'a reçu en entretien, il a d'ailleurs refusé de serrer la main en prenant le prétexte qu'il était malade. 

Dans l'équipe, on a deux musulmans. Un type d'une petite quarantaine d'années et une fille, ma voisine de bureau, d'une petite trentaine. Ils sont pratiquants. Enfin, je me comprends : pendant le ramadan, ils respectent le truc. Pour le reste, je ne sais pas. Avec lui, on déconne souvent des barbus et tout ça. La peur que génère l'islam chez lui es Français nous fait rigoler plusieurs fois par semaine. Il sait que je suis le seul qui puisse déconner avec ça. Les types bien à gauche "surjouent" le respect de l'islam et les autres ont peur de passer pour raciste en sortant de la pensée standard. 

Le décor est planté. 

Ce matin, réunion de service. Le cas du futur collègue n'était pas à l'ordre du jour (du moins sa religion puisque nous devions préparer son arrivée) mais la rumeur est venue sur la table. C'est d'ailleurs ainsi que je l'ai découverte. 

Nous nous avons donc discuté du fait qu'il ne disait pas bonjour aux femmes alors que c'est une collègue chef de projet qui allait être son chef. La grande angoisse ! Ce type refuse-t-il de serrer la main aux femmes parce qu'il les considère comme inférieures ? 

La discussion me navrant (le type est ingénieur et bosse depuis sept ou huit ans en France...), je suis entré dans un délire devenant pire beauf que @jegoun un soir de cuite. 

"Ben quoi, il a raison ! Les femmes sont inférieures ! Ce n'est pas normal qu'elles puissent diriger des hommes."  

Les collègues me connaissant (dont LA chef) savaient que je déconnais sauf deux ou trois qui se demandaient si c'était du lard ou du cochon (si je puis me permettre, vu le sujet).  

C'est alors que les deux collègues musulmans sont entrés dans mon délire et en on rajouté. Même "elle" a rebondi sur le fait qu'elle ne voulait qu'un travail et n'avait aucune prétention à diriger des hommes, qu'elle les fréquentait parce qu'il le fallait bien, qu'elle leur serrait la main par pur respect pour nos coutumes locales mais qu'elle prenait très au sérieux les revendications du lascar, c'est normal et tout ça. Le collègue approuvant. 

On a bien rigolé. Ca a duré un bon quart d'heure. 

La collègue qui va devoir l'encadrer, elle-même d'origine malgache, donc ravie, a priori, de favoriser le recrutement de minorités visibles (et accessoirement la personne avec qui j'apprécie le plus de bosser depuis près de trente ans de carrière, tant son humeur est bonne même quand elle est mauvaise : c'est un bonheur ! Même quand on s'engueule, on est pliés de rire), va mal dormir. 

C'est petit mais rigolo. 

21 octobre 2014

Collègues, au bistro, fermez vos gueules

J'étais au bistro à côté du bureau, prêt à rentrer à la maison mais une idée de billet me vient pour le blog geek. Ma prose est laborieuse et je perds du temps. Ca arrive. Il est près de 20h15 quand je finis la rédaction et ma bière, c'est alors que je prends conscience des trois lascars à côté de moi. Un d'eux dit "Machin était responsable des cartes bancaires au Crédit Agricole dans ces années". Je ne comprends pas le nom de "machin". 

Il n'empêche que je travaille dans ces bouts de plastiques depuis près de 30 ans, que le Crédit Agricole m'a occupé les huit premières années et que j'ai consacré les huit suivantes à un organisme interbancaire auquel participait le Crédit Agricole. 

Je reprends une bière et me mets à les écouter. Ils continuent à parler du Crédit Agricole et de LCL, sa filiale, pour laquelle j'ai également bossé quand c'était encore Le Crédit Lyonnais. 

Et j'entends le nom des personnes qu'ils dénigraient en rafale. Je les ai toutes connues. 

Au bistro, fermez vos gueules. 

20 octobre 2014

Scènes de train

Ayant réservé mon billet tardivement, je n’avais pas de place attitrée dans le TGV pour le retour. A Saint Brieuc, il y avait une foule incroyable. J’ai compris que je n’aurais pas de place normale. Je me suis donc précipité vers la voiture bar : je passe bien des soirées debout au comptoir, je peux supporter un voyage debout si les conditions sont bonnes, ce qui n’est pas possible, dans le train, ailleurs qu’au bar. Je n’ai bu qu’une bière.

Le train part.

Il s’arrête à Lamballe. Vers la voiture 16 ou 17, une jeune dame avec un bébé a eu peur de ne pas avoir le temps de sortir et elle a actionné le signal d’alarme. Elle a réussi à sortir et est partie en courant. Le contrôleur passant dans le coin, il rétablit le machin immédiatement et le train repart sans que personne ne remarque quoi que ce soit. Au bout de quelques mètres, il s’arrête à nouveau. Le machiniste appelle le contrôleur pour lui signaler un problème sur une porte. Le contrôleur n’arrive pas à rétablir. Il appelle les services de support qui lui donnent le mode d’emploi. En fait, la petite dame n’avait pas tiré très fort le signal d’alarme ce qui fait que le fil de plomb permettant de sceller le truc n’était pas cassé.

Je tiens ces informations relativement précises du fait que j’étais dans la voiture bar où se sont concentrés les gens qui pouvaient être concernés par le retard, notamment ceux qui changeaient à Rennes et avaient 7 minutes pour changer de TGV et prendre celui pour Massy (qui permet d’aller ensuite dans différentes directions, notamment vers Lyon et Marseille, mais aussi vers Strasbourg, ce que j’ignorais).

Le contrôleur était là, avec son téléphone qu’il utilisait pour joindre la gare de Rennes pour tenter de négocier de faire patienter une dizaine de minutes l’autre TGV. Les gens venaient le harceler de questions diverses pour la poursuite du voyage et il n’avait pas trop de réponses à apporter. Finalement, la SNCF a refusé de retarder le départ du train pour Massy. Les gens étaient invités à rester dans le TGV pour Montparnasse où ils seraient pris en charge par la SNCF.

Tout ce beau monde discutait de chose et d’autres, le contrôleur leur proposait des trains en correspondance à Paris… Ca occupe une première partie de voyage.

Je vous passe le petit teigneux arrivant en courant ayant dit « c’est une dame avec un enfant, j’ai tout vu. » A croire que nos concitoyens ont la dénonciation dans le sang. Ceci a détourné le débat sur les punitions exemplaires dont on devrait punir ce genre de vandale qui déclenchent le signal d’alarme et partent en courant. Il faudrait d’ailleurs des policiers sur les quais mais l’Etat socialiste baisse les moyens des forces de l’ordre.

A l’approche de Rennes, le contrôleur nous a quittés pour aller faire son annonce dans le micro. Il parlait de manière décousue, comme s’il avait bu, mais j’ai cru comprendre qu’il disait que les voyageurs qui devaient changer de TGV à Rennes était invités à rester dans le train et qu’ils seraient pris en charge à Montparnasse.

J’ignore comment c’est passé le reste de leur voyage. A Paris, il y avait des taxis qui attendaient au bout du quai avec des pancartes au nom des gens, pratique courante en province quand il faut réserver des taxis à l’avance mais très rares à Paris. Une demi-douzaine de types attendaient donc. J’ai été frappé par les pancartes : elles étaient toutes identiques et écrites proprement. J’ai alors vu qu’il s’agissait de tablettes genre iPad avec le nom écrit en gros. On n’arrête pas le progrès.

Je pense que les passager qui n’avaient pas de train à prendre en urgence à Paris ont été invité à changer de gare en métro vu le nombre d’andouilles qui sont venues au wagon bar acheter des tickets. Notre TGV était déjà complet. A Rennes, ceux qui auraient dû prendre le TGV pour Massy sont resté dans celui-ci qui grouillait donc de monde ! Un bordel… Les gens, déjà pénalisés par un retard, se retrouvaient obligés de faire deux heures de voyage debout.

A un moment, j’ai laissé la place où j’étais convenablement installé pour aller acheter une bière. J’ai vu une dame prendre son élan pour me la piquer, je n’ai pas eu le temps de dire ouf. La conne ! D’autant plus conne, d’ailleurs, qu’à Laval elle a vu que des places assises se libéraient, elle a couru pour en grappiller. J’ai récupéré la mienne. Mais des gens sont montés dans le train et elle a tout perdu. Elle écumait.

Ainsi, à l’approche de Paris, plusieurs personnes sont venues acheter un ticket de métro. Ce pauvre préposé s’est retrouvé en rupture de stock. Il s’est fait engueuler par une dame : « mais quoi hein j’ai traversé la moitié de la rame pour venir acheter un billet et vous n’en avez plus vous auriez pu faire une annonce à votre micro. » J’ai didiergoutisé : « Madame, il faudrait arrêter de faire des annonces déplaisantes à ce pauvre micro qui en a déjà entendu assez aujourd’hui. » Elle m’a jeté un regard noir et a engueulé le vendeur qui rigolait comme une madeleine. J’ai alors repris : « Madame, quand votre hypermarché a épuisé son stock de brocolis, il ne fait pas une annonce sur RTL pour prévenir les clients, qui, d’ailleurs, gueuleraient parce qu’il n’y a jamais de brocolis dans ce magasin et qu’ils iront faire leur course ailleurs, même ceux qui n’aiment pas les brocolis. » Elle criait de plus en plus fort et le brave commerçant a fini par l’envoyer chier tout en restant extrêmement aimable avec les autres clients qui comprenaient parfaitement que le bar du TGV ne dispose plus de ticket de métro à la vente ce qui n’était pas très grave, ils pourraient en acheter au guichet du métro.

Finalement, le train avait un bon quart d’heure de retard à Montparnasse.