17 septembre 2016

La guigne

Je vous racontais hier que mon train avait pris trois heures de retard. En fin de compte, c'est un peu moins mais ma période de guigne a commencé jeudi matin. Ayant une réunion importante (à laquelle je pouvais arriver en retard de 10 minutes) à 10 heures, je suis parti de la Comète à 9h10, ayant habituellement 50 minutes de trajet (un peu moins de 45 quand tout va bien, souvent près d'une heure).

Je rentre dans le métro. Les quais étaient plein. Le « micro » annonce que le trafic est arrêté pour une des raisons habituelles (malaise d'un voyageur, panne de signalisation, incident technique, colis suspect : à la fin, on n'écoute plus...). J'aurais pu attendre la remise en service mais compte tenu de la foule, il aurait fallu que je laisse passer plusieurs rames.

Je décide alors de prendre le plan B : je prends un bus pour la Porte d'Italie, puis le tram jusqu'à Cité U, puis le RER B et, enfin, le RER A. Cela semble compliqué avec un tas de changements mais il faut aussi 45 à 50 minutes pour faire le trajet, le RER étant plus rapide que le métro.

Toujours est-il que sortant du métro de Bicêtre pour prendre le bus, je me rends compte que l'avenue est bouchée et que les bus ne circulent pas. Comme il pleuvait, je ne pouvais même pas faire à pied les 7 ou 800 mètres jusqu'au tram. J'envoie un mail aux collègues pour les prévenir de mon retard et je reste perplexe. Finalement, un bus arrive peu de temps après (par hasard, j'étais un des premiers à monter dedans alors que plusieurs dizaines, voire centaines de personnes attendaient, du coup, j'ai eu une place assise). J'arrive au tram, le prochain est annoncé à 6 minutes mais arrive immédiatement. Je me dis que la chance revient et que je serai à l'heure à ma réunion.

J'arrive à Cité U, vois une foule très dense à la station du RER avec plein de gens qui en sortaient. J'écoute : colis suspect. Je sors, je vais pour reprendre le tram mais évidemment tout le monde voulait faire comme moi. J'arrive à rentrer par miracle, bénissant dieu de l'absence de gros dans la rame. Je descends à Porte d'Orléans (les architectes ayant conçu la station devaient être saouls mais je n'étais pas là pour le tourisme). Je prends la 4 jusqu'à Châtelet puis la une jusqu'à La Défense.

Je suis arrivé à 10h45...

Le soir, vers 17h, je me rends compte que j'ai oublié de réserver mon billet de train pour le week-end. Je vais pour le faire par internet mais, il y a un système de sécurité pour payer : votre banque vous envoie un SMS avec un code à entrer sur le PC. Le SMS n'arrive pas. Je demande un nouveau code. Il arrive. Je le rentre, pas de bol, c'était le premier qui arrivait en retard. A force de réessayer, j'ai fais trois codes faux : je ne peux plus payer par carte par Internet...).

Je fonce donc à la gare de la Défense. Elle était fermée exceptionnellement. Nous étions plusieurs, comme des cons, à se demander comment un point de vente aussi important pouvait être fermé une après-midi (surtout qu'étant en congés le lendemain, je me croyais au vendredi)... On papotait avec les gens quand j'ai vu des bornes, à côté. J'ai pu réserver mon billet mais j'ai oublié de prendre le retour.

Je rentre au bureau. En cours de route, j'avais soif. J'avais marché vite pendant 20 minutes alors qu'il faisait chaud mais avec des rafales de vent très froid. Bizarre. Bien qu'en week-end, je rentrais au boulot finir ce que j'avais à faire. Je méritais largement une pression. Je m'arrête dans le premier bistro. Le comptoir était moche. Je prends une blonde ordinaire (une bière blonde, abruti, pas une pouffe blondasse). 4€60 ! C'est le prix de la pinte au bistro suivant, celui à côté du bureau.

Tout va bien jusqu'au lendemain vers 13 heures, quand mon TGV s'est arrêté à Vitré à cause d'incidents divers. Pendant trois heures.

Il y a des jours, comme ça...



16 septembre 2016

Trois heures de retard

Un arbre est tombé sur les caténaires interrompant les trains entre Rennes et Vitré. Mais un des espèces de fils électriques est tombé sur les rails de l'autre côté et un TGV roulant dans l'autre sens a roulé dessus. Hop ! La panne. 

Le TGV suivant s'est arrêté mais n'a pas d'alimentation électrique pour redémarrer. 

La SNCF doit donc dépanner deux TGV ou, plus précisément, envoyer des motrices diesel de Rennes les chercher. 

Si j'ai bien compris... Mais la présence de trois TGV (les deux en panne et le mien) en si peu de temps me paraît suspecte. 

Toujours est-il qu'ils ont annoncé trois heures de retard et que je vais louper l'apéro. D'autant que je ne sais même pas s'il y a un car, à cette heure tardive, entre Saint Brieuc et Loudéac.  

07 septembre 2016

Deux terrasses, Cosette et des imbéciles


Les gens, vous comprenez qu'on ferme ?


Le nombre d'imbéciles qui croient sur le le personnel bosse uniquement pour le plaisir me sidère toujours. 

06 septembre 2016

Soirée de bistro (un mardi)

On a rarement vu autant de monde au comptoir, chez Francois. Une vingtaine de gugusses vient de débarquer du conservatoire. Presque tous boivent des pintes de 1664. Sympa. 

Un peu avant quand je suis arrivé, il y avait un groupe en terrasse. Certains sont restés, d'ailleurs. Pascal et la serveuse ne sont pas couchés. Et moi non plus par dommage collatéral. 

Un type bourré avec un bras cassé faisait chier tout le monde.  Il autre type bourré (un petit noir qui vient souvent et boit du Ricard) et Geneviève lui criaient dessus avec chapeau qui en ajoutait une couche. 

Geneviève se fâchait de plus en plus et demandait pourquoi Pascal le servait toujours alors qu'il faisait chier tout le monde. J'ai répondu bien fort que c'est elle qui fait chier tout le monde et qu'on devrait la virer. Ce que je pense réellement. 

Un autre type qui buvait seul au comptoir s'est cru obligé d'intervenir auprès du mec bourré. Alors je suis sorti, je l'ai écarté gentiment. Pascal m'a rejoint. Calmement on a convaincu le type de partir. 

Geneviève reste là à brailler et à raconter que je l'ai envoyée chier alors qu'elle voulait rendre service. L'autre andouille de petit noir (désolé, j'ai oublier son prénom) est calme en terrasse. 

Il reste 20 types au comptoir et une petite dizaine en terrasse.

02 septembre 2016

Les trois vieilles


Ce sont trois vieilles copines, habituées de la Comète. L'une est cachée derrière une autre mais elles sont bien trois. 

Ce soir, elles n'ont pas remarqué que la terrasse était vide et que le personnel n'attendait que leur départ pour finir le ménage. 

Vie de bistro. 

24 août 2016

Ces ministres qui baragouinent


La baisse n'a pas été actée. Elle a été confirmée, constatée,... Mais elle n'a pas été "décidée" et, quand bien même elle l'aurait été, elle a fait l'objet d'un "acte"(chez un notaire ou autre). 

Arrêtons d'employer des mots au hasard. 

20 août 2016

Le temps qui passe...

Plus on vieillit, plus le temps passe vite. Pourquoi ? C'est une question que je me suis toujours posée. Slate tente d'y répondre. 


J'ai toujours pensé à l'hypothèse mathématique. 

15 août 2016

La cuisine pour les nuls (illustrée gratuitement par le sauté de porc à la Jégoun)

Disons-le franchement : depuis juin 2008, le bistro en bas de chez moi, la Comète, est ouvert les samedis et les dimanches : je n'ai plus l'occasion de faire réellement la cuisine à part pendant quelques jours fériés et à l'occasion de trop rares repas de famille où il m'arrive de mettre la main à la pâte. Il n'empêche qu'à l'occasion de ces vacances, seul chez ma mère, il a bien fallu que je m'y remette et, pas plus tard qu'hier midi, j'ai retrouvé une de mes anciennes spécialités, le sauté de porc à la con.

Pour être complet, il me faut dire qu'avant 1996, je rentrais toutes les semaines en Bretagne ce qui fait que, dans ma vie, je n'ai fait couramment la cuisine que pendant une douzaine d'années. Maintenant, ce que je fais de plus compliqué tourne autour de l'omelette et de la salade de pates, ce qui n'est d'ailleurs pas si simple, quand on y pense. Par exemple, dans la salade de pâtes, beaucoup d'imbéciles multiplient le nombre d'ingrédients par principe, parce qu'une salade doit contenir des légumes, parce que c'est frai, et tout ça. Pas du tout. Il faut des pâtes, une viande coupée en petits morceaux et de la sauce, comme un mélange d'huile d'olive et de mayonnaise, du poivre, des oignons ou de l'échalote. Point. Si vous insistez, pour vous donner bonne conscience, ajouter quelques dés de poivrons.

Je vous vois venir avec ce mélange d'huile d'olive et de mayonnaise. Non, je ne mange pas gras, c'est tout au plus une fois par quinzaine et il faut relativiser. Par exemple, toi, là, tu vas acheter une pièce de bœuf de 300 grammes car tu te penses carnivore mais tu vas la choisir sans gras apparent. Moi, je prends 200 grammes avec du gras et, en bout de course, j'ai la bidoche avec le plus de goût et la moins mauvaise pour la santé. Dis-toi bien que quand tu multiplies les légumes dans la salade, tu multiplies les pesticides. Pire ! Tu passes ton temps à bouffer du poisson car c'est officiellement meilleur pour la santé mais tu ne penses pas à toutes les saloperies qu'il y a dedans, du plomb et d'autres truc qui te donne le cancer.

Pendant ces douze années de cuisine dominicale (le samedi, c'est plus chiant, il faut faire le ménage, les courses,...), j'ai inventé quelques spécialités, comme le rôti de porc confit. C'est simple. Comme vers 11 heures, tu vas prendre l'apéritif avec les copains, il te faut une viande qui puisse se manger froide au cas où cela déborde et que tu puisses cuire le matin. A une époque, je programmais mon four et la fin, j'ai trouvé la solution idéale. Tu chauffes ton four assez bien. Tu y colles le rôti, tu diminues la température (genre thermostat 3 ou 4), tu vas prendre l'apéro et tu reviens deux ou trois heures après. C'est le bonheur. Très peu de gens osent car une recette doit s'appliquer à la lettre. Seuls les vrais gastronomes et les fumiers comme moi tentent de cuisiner en s'écartant un peu des règles.

Tiens ! Puisque tu es sympathique, je vais te donner une recette simple.

Le rosbif aux pommes de terre.

Ce qui est important est la cuisson des pommes de terre. De toute manière, après l'apéro, ton rosbif sera froid. Il n'empêche qu'en faisant couler ton café du matin, tu vas mettre ton four à fond. Tu vas badigeonner ton rosbig de beurre (ça donne une espèce de couche bien sympathique quand tu le mangeras froid), tu balances du poivre et quelques épices, sans plus, peut-être de l'ail. Quand le four est bien chaud, tu enfournes le tout. Tu retourneras à mi-cuisson, éventuellement en ajoutant un peu d'eau, chacun fait comme il le sent. Tu baisseras un peu la chaleur du four après l'enfournage initial.

Pour ce qui concerne la durée de cuisson, tu ne suivras aucune recette. Tout le monde te dit : un quart d'heure par livre. C'est faux ! C'est environ un quart d'heure par livre. Disons un quart d'heure pour la première. Pour un machin de 1,5 kg, tu mets 35 minutes. En gros. Tu te débrouilles.

Une fois que c'est cuit, tu pense à éteindre le four et à en laisser la porte ouverte. Attention ! Si tu ne vas pas prendre l'apéritif avec les copains, ce qui est complètement con, et que tu souhaites manger rapidement, tu laisseras le rosbifs au four éteint avec la porte ouverte au moins 10 minutes.

Mais venons-en aux pommes de terre. Pendant que le café coule, après avoir allumé le four, tu coupes les patates en morceaux (genre deux ou trois centimètres) après les avoir épluchées. Tu prends une cocotte, tu mets les patates dedans et tu mets un peu d'eau, environ jusqu'à la moitié de la hauteur. Après tu ajoutes un peu de beurre ou d'huile (quand je dis « un peu », c'est une façon de parler). Tu mélanges de temps en temps. Quand tu pars au bistro, tu coupes le gaz et tu le remets en route quand tu reviens, le temps de découper le rosbif.

Les pommes de terre vont cuire dans l'eau et quand celle-ci sera évaporée, elles vont commencer à rissoler dans la matière grasse. C'est sublime. Tu me diras que ceci a peu d'intérêt par rapport à une recette normale. Pas du tout. Des pommes de terre à l'eau, c'est bon, mais ce n'est pas mangeable avec du rosbif froid, et il faut ajouter du beurre salé pour donner du goût. Profitons de cette espace qui nous est accordé pour cracher sur les types qui mangent des pommes de terre à l'eau sans beurre salé, notamment parce qu'ils ont salé les pommes de terre à l'avance. Alors ils mettent du beurre doux. C'est immonde.

Des pommes de terre au beurre, c'est succulent mais c'est un peu chiant à faire, il faut surveiller. Quant aux pommes de terre sautées, qui ne manquent pas de charme, elles nécessitent d'avoir été cuites à l'eau puis à la matière grasse (où entièrement à la matière grasse ce qui nous ramène aux patates au beurre), ce qui est chiant. J'ai inventé la recette tout en un.

Remerciez-moi.

Mais venons-en à l'essentiel.

Le sauté de porc pour les nuls.

Amis musulmans, vous pouvez évidemment remplacer le porc par de la dinde ou une cochonnerie comme ça, même du veau mais ça coûte plus cher, sauf pour la première étape : le choix du morceau.

Prenez un bon morceau, genre du filet mignon. Vous faites pas chier. On a une tradition en France, c'est d'avoir des recettes pour accommoder les morceaux de viandes les moins bons. La bonne viande peut aussi être préparée... Notons toutes les andouilles qui vont, à raison, vénérer la côte de bœuf ou l'entrecôte, excellents morceaux de viande. Ils vont généralement la manger avec de la sauce, au vin, au poivre, au bleu, béarnaise,... autant de machins qui vont vampiriser le goût de la viande. D'ailleurs que font-ils du filet mignon ? Ils le badigeonnent de moutarde...

Vous le coupez en petits morceaux. C'est aussi l'intérêt du filet mignon, il est facile à couper. Un coup dans le sens de la longueur, le reste, plusieurs fois !, dans le sens de la largeur. Vous mettez de la matière grasse dans un faitout à feu vif, vous mettez les morceaux de viandes à rissoler un peu en ajoutant quelques épices, notamment du poivre, des oignons et des trucs comme ça. Une fois la viande légèrement dorée, vous ajouter un peu d'eau (jusqu'à mi-hauteur). Vous baissez beaucoup le gaz, vous mélangez. Vous vaquez. Revenez de temps en temps mélanger à nouveau. Si vous allez au bistro, ne partez pas plus d'heure.

Vous pouvez ajouter des trucs, genres carottes, pommes de terre en calculant au pif le temps de cuisson (ça vous évitera de cuire des légumes à part), du vinaigre ou vin blanc, de l'ail, ce que vous voulez, du concentré de tomate, du curry,... ! Dix minutes avant la fin, vous mettez des trucs que vous avez en stock, comme des champignons de Paris (frais, mais laissez les cuire 10 minutes), de la crème fraiche,...

Et voilà ! Vous n'avez plus aucune excuse pour ne pas cuisiner. L'important est de ne regarder aucune recette de cuisine, sauf pour avoir des idées. L'improvisation totale. Hier, j'avais du porc, de la crème fraiche (et quelques épices), de la moutarde et un reste de pommes de terres sautées, j'ai foutu la bidoche dans la cocotte avec du poivre et de la moutarde, dix minutes avant la fin, j'ai ajouté la crème fraiche puis les pommes de terres sautées.

C'était divin.

Attention, néanmoins ! Faire n'importe quoi ne fait pas de vous un cuisinier, n'improvisez pas une recette si vous avez du monde et si vous avez peur d'échouer. Entrainez-vous ! Par exemple, mon sauté de porc n'est pas présentable. Il est très bon. C'est facile de faire un truc bon : de la viande cuite, du poivre et de la crème fraîche. Ce n'est pas de la gastronomie pour autant... Ce n'est pas pour ça qu'il faut obliger les autres à se taper votre espèce de ragougnasse sans nom.

Quelques conseils :

1. Ne mettez pas trop de sel, voire pas du tout. C'est une très mauvaise habitude. Si c'est fade, vous pourrez en ajouter à table. Le sel ne fait pas que relever le goût des aliments, il donne le goût de sel... A contrario, prenez du beurre salé.

2. Beurre ou huile ? On s'en fout. Parole de Breton ayant découvert la cuisine à l'huile sur le tard. L'huile crue doit être bonne et le beurre cru doit être salé. Pour le reste, débat sans intérêt. Le mieux est de mélanger un peu les deux, par exemple quand on fait des patates au beurre. L'huile est plus simple à utiliser, ne crame pas,...

3. Par contre, ne lésinez pas sur le poivre, le normal, le gris, dès le début de la cuisson. Cela donne une espèce de force indéfinissable à la viande.

4. Célibataires gras du bide et fainéants, ne lésinez pas sur les légumes verts frais, non pas parce que c'est meilleur pour la santé, mais parce que c'est simple à préparer (même si ça parait chiant d'équeuter les haricots) et parce que c'est bon "tout court", à condition de ne pas être cuit uniquement à l'eau ou à la vapeur. Il faut un petit plus. Prenez des brocolis à la vapeur, par exemple ! Vous les mangez écrasés avec du beurre salé. C'est le bonheur. Il faut que le beurre soit frais (enfin, froid), pour goûter le contraste entre la chaleur des brocolis et la fraicheur du beurre qui sort du frigo.

5. Ne conchiez pas le gras (si vous avez des invités, évitez quand même les trucs qui baignent dans l'huile...). C'est ce qui donne du goût à la viande. Je connais des milliers de types qui vont adorer le filet de bœuf parce que c'est tendre. Mais ça n'a pas de goût par rapport à un simple rosbif, une entrecôte,... 

6. Même le truc le plus simple se travaille. Une brave omelette n'est pas à la portée du type sans expérience (j'ai moi même loupé une omelette aux champignons avant hier parce que je n'avais jamais préparé d'omelette aux champignons : elle était très bonne mais absolument pas présentable, or, pour une omelette, la vue compte aussi).

7. Un épice trop peu pratiqué : le cumin. Essayez de cuire des courgettes dans de l'huile d'olive avec du cumin. Miam. Et rien de plus simple. Vous épluchez vaguement les courgettes et les collez dans une poêle avec les machins pendant 35 minutes et hop !

07 août 2016

La pinte est raide

Dans un recent billet, je racontais ma dérive du comptoir vers la terrasse. Je dois avouer qu'elle s'accompagne d'une deuxième mutation : je bois plus souvent des pintes de bières que des demis. J'en bois évidemment deux fois moins. 

Mon blog est un blog scientifique. Il nous faut approfondir ce phénomène d'autant que j'ai toujours été un opposant farouche aux pintes de bière. Quand on reste longtemps avec une pinte en terrasse, elle s'évente et surtout se réchauffe. Je trouve les gens qui prétendent savourer des pintes de bonne bière en terrasse sont des abrutis. Quand je passe du temps en terrasse et ne peut pas boire beaucoup (allez picoler quand vous avez une heure de métro sans pouvoir pisser, par exemple), je ne bois jamais de pinte. 

Ma mutation vers la pinte date de 2008, quand la Comète a changé. Ils ont arrêté de vendre des petits verres de rouge. Donc, Tonnégrande et le vieux Jacques, qui buvaient des verres de rouge pendant que je buvais des demis, à mon rythme, se retrouvaient saouls comme des cochons car ils oubliaient qu'il y a plus d'alcool dans 14 cl de vin que dans 25 cl de bière. 

Cela s'est accéléré vers 2012, quand je suis revenu à La Défense. Un soir, le jeune serveur m'a dit : arrête de me faire chier à te servir des demis, bois donc des pintes, ça me fera moins de boulot. Et il a ajouté : la pinte est à 3 euros alors que le demi est à 2€10. Le calcul était vite fait. 

L'autre phénomène vient des cadres abrutis qui par une espèce de snobisme ne boivent que des pintes. J'avais l'air malin avec les demis quand ils étaient à la pinte. Il fallait que je boive des verres en Suisse pour lutter contre ma soif bien légitime. 

Enfin, au 1880, le patron a commencé à faire sonner la cloche une demi heure avant la fermeture pour annoncer qu'il ne servirait plus qu'un seul verre à chaque client. J'ai pris l'habitude de boire des verres plus grands (parce que les clients boivent des cocktails plus alcoolisés et longs à boire). Enfin, en salle, le service est rapide mais quand on est en terrasse, heu...

Voila comment la société évolue.