21 novembre 2014

Léonard Cohen

Il faut avouer que ce type est un des chanteurs les plus chiants mais avec les plus belles chansons. A la Comète, "alléluia" est passé dans le poste le vieux Joël m'a avoué qu'il connaissait peu voir pas. Pourtant, cette andouille a bossé dans le milieu de la musique (cherchez Joel Jovignot dans YouTube). On a parlé de Léo. Et j'ai avoué que je le connaissais surtout grâce à un album sorti avec des reprises de ses différentes chansons par différents chanteurs. 

Je suis un fan de Léonard Cohen chanté par les autres. Et, évidemment, j'adore ses tubes, dont celui qui je citais mais aussi Suzanne. Comme beaucoup. Et les autres chansons chantées par d'autres. 

Toujours est-il que parmi ces chansons reprises dans dans cet album, il y en a une qui était chantée par un francophone dans une version traduite en français. 

Pendant une heure, avec le vieux Joel à coté, je me suis demandé de qui il s'agissait d'où ce billet pour vous demander, cher public, de qui il s'agit.  Bizarrement ou pas (ça arrive souvent) je m'en suis rappelé en rédigeant le précédent paragraphe, le vieux Joël est parti. 

https://m.youtube.com/watch?v=n4iUYn8FK-s

Ne cliquez pas ou attendez un peu. Je vais envoyer le lien au vieux Joël. 

Je pose deux questions :

1. Je ne me rappelais pas le nom du chanteur, les paroles de la chanson,...mais je me rappelais de lui comme étant un abruti. C'est normal ?

2. Suis-le seul à aimer Leonard Cohen grâce aux chansons reprises par d'autres ?

Alleluia. 

Paris à chier

"La Comète, son gros noir, son gros frisé et son gros vieux au comptoir, racontant n'importe quoi au comptoir en se foutant de la gueule des autres fientes qui les entourent, voila ce que l'on pourrait retenir de la Comète avec ses serveurs, certes sympathiques mais n'ayant rien à cirer patati patata,...".

Tel est le début d'un billet qui pourrait figurer dans l'excellent blog Paris à chier (avec le style du taulier, pas le mien) qui dézingue les bistros parisiens un par un. Sauf que la Comète n'est pas à Paris. 

Il est réactionnaire, grossier, c'est un bonheur !

Je suis inquiet. Il n'a rien produit depuis deux mois.

20 novembre 2014

L'appli idéale ou la rencontre inévitable

J'ai un blog politique où je parle souvent des entrepreneurs. J'ai un blog bistro où je parle souvent des bistros du Kremlin-Bicêtre. J'ai un blog geek où je parle souvent des nouvelles applications. 

Des types du Kremlin-Bicêtre ont créé une boîte pour lancer une application largement orientée vers les bistros qu'ils restent dans ceux de la commune...

Le hasard (sous le pseudonyme d'El Camino) nous a fait croiser nos chemins. C'était hier soir, à la Comète, et je n'ai pas fini de vous parler de ce machin dans mes blogs. 

Mettons les bobos en prison pour le Beaujolais nouveau

J'ai déjà fait part de mon hostilité pour le resto entre la Comète et chez moi dans mon blog annexe. Il faut dire que le patron m'avait invité à boire un coup alors que je passais dans la rue et qu'il me l'avait fait payer, ce que j'avais trouvé très fort.

Ce soir, je rentre à la maison et je constate qu'il faisait de la publicité pour sa soirée Beaujolais de demain soir. C'est son droit. C'est mon droit, aussi, de lui rappeler que le Beaujolais nouveau est un truc populaire qui se boit dès le matin, voire le midi quand on est petit joueur (pour ma part, ça sera le soir, désolé) et pas un truc festif du soir, d'autant que le pinard en question est généralement dégueulasse et ne devrait qu'être un prétexte pour aller au bistro avec les copains.

Cette andouille vient de rendre cette tradition ringarde tout en la réservant aux bobos branchés. Il coule son propre job, c'est à pisser de rire.

Je vais lui expliquer ; tu fais le Beaujolais nouveau dès le midi et tu auras un tas de clients qui viendront des entreprises du quartier. Pas le soir avec des locdus qui auront la possibilité de prendre le métro et d'être dans le quartier latin en dix minutes.

Les moments historiques de la blogosphère française

Jeudi. C'est le Beaujolais nouveau. Comme tous les ans, on essaie de faire tenir le patron jusqu'à minuit pour boire un verre dès le premier jour. Je me suis donc mis dans un coin pour attendre l'heure fatidique et j'ai fais des trucs avec mon iPhone. La batterie est légitimement tombée en panne. Ça faisait longtemps que je n'avais pas fait de billet sur ce blog. Je branche donc la batterie de secours que j'ai foutue dans la poche de mon jean. 

Je vais, tout aussi légitimement, uriner.  Une andouille m'envoya alors un sms. Par réflexe, je sors l'iPhone qui était dans la poche opposée. Et paf ! Le câble se prend dans le machin. 

On mène une vie très pidante et cette anecdote est véridique. 

17 novembre 2014

Le stress

Ce matin, j'ai reçu un sms un collègue : "tu es attendu pour la formation "gestion du stress" à 9h30". Il était 9h30. J'avais encore une demi-heure de trajet. Je me demande si j'ai vraiment besoin de cette formation. Je ne suis pas stressé. J'ai d'autres défauts. Ma patience et ma politesse peuvent parfois être remises en cause. Ma capacité à stresser, non. D'ailleurs mes collègues pourraient me le reprocher parfois. "Ah mon dieu tous les serveurs sont HS". Ça les angoisse. Moi pas. Je me dis que le chef se fera engueuler par le directeur qui se fera engueuler par les actionnaires mais que je m'en fous. Je me dis par contre qu'il serait bien de rétablir le service parce que les clients ont besoin du service et qu'il faut rendre service au chef et au directeur pour qu'ils ne se fassent pas engueuler. 

Il peut y avoir une catastrophe majeure, je ne stresse pas. J'engueule les responsables mais à l'instar d'un Juppé, je reste droit dans mes bottes. Il faut résoudre le problème. Ainsi, ce matin, je n'ai pas stressé. J'étais en retard mais ne pouvait rien y faire. Ma seule gêne était de devoir présenter des excuses à une brave personne qui s'est déplacée pour nous faire cette formation. Arriver en retard alors qu'elle avait fait un effort était d'une grande grossièreté. 

Je me suis retrouvé pendant quelques minutes à devoir sortir une excuse aux organisateurs, la DRH. Une excuse ou un prétexte d'ailleurs ? J'avais les couilles propres. Les RH m'avaient convoqué par mail sans inscrire le truc dans mon agenda. Cela était donc annexe mais il ne me fallait pas accuser la secrétaire qui m'avait inscrit par mail à une formation qui ne m'intéressait pas mais qui est obligatoire. 

Finalement, je suis arrivé au bureau en retard, ou du moins à cette formation. J'ai foncé au secrétariat où il n'y avait d'ailleurs personne. J'ai donc pris ma décision : ne pas aller à la formation. Je suis donc allé directement à la machine à café où j'ai trouvé les secrétaires qui m'on dit que je n'étais pas le seul à être arrivé en retard. Je devais donc y aller. Elles ne sont pas stressées non plus. 

Je suis allé. 

La formatrice était une pro. Je suis entré dans la salle. J'ai bredouillé des excuses. Mais je n'en avais aucune valable et elle le savait. Elle n'a donc pas répondu à mes excuses ce qui m'a mis en état de stress. Un autre collègue est arrivé après mais lui avait une vraie excuse et en plus il avait prévenu. Elle a fini par nous demandé ce qu'on foutait là, question qu'elle avait déjà posée aux autres avant notre arrivée. 

C'était rigolo (je suis passé avant le collègue). Elle a voulu me faire retomber mon stress qui n'en était pas un en me faisant avouer devant tout le monde que je me foutais de sa formation mais qu'elle était imposée par la direction. Je me suis évidemment retrouvé comme un con. J'ai avoué. 

La journée était lancée. 

14 novembre 2014

Mes pieds

Toi, je ne sais pas, mais moi, je déteste aller chez le coiffeur et faire des courses. En fait, je déteste faire autre chose que de bloguer, d’aller au bistro, de conduire ou de prendre le train. Je suis tordu. Comme tout le monde, je fais des courses, tous les samedis ou presque : je vais chez Leclerc et je prends précisément ce dont j’ai besoin pour la semaine ou la quinzaine qui vient : bouffe, entretien de la maison et entretien personnel.

Je pense que ce que je redoute le plus est de tenir une conversation avec un commerçant. Tiens ! La dernière fois où j’ai fait des courses, lundi dernier, l’aimable caissière me dit : « on ne reprend pas les sous-vêtements ». Je n’avais jamais entendu quelque chose d’aussi stupide ou presque (je l'ai même fait répéter). J’aurais pu aller à la caisse, elle m’aurait dit « bonjour » et j’aurais répondu avec l’amabilité qui me caractérise. Elle m’aurait annoncé le prix, j’aurais tendu la carte, elle m’aurait rendu ma carte avec le ticket de caisse et disant « merci bonne journée » et elle m’aurait répondu en souriant. Pourquoi a-t-il fallu qu’elle ajoute cette remarque stupide ? J’aurais dû lui répondre : « hé connasse, si j’achète des sous-vêtements, ce n’est pas pour les rendre ensuite. »

Les dialogues les pires sont sûrement chez le coiffeur mais, chez le marchand de chaussures, les échanges peuvent dépenser des niveaux abyssaux dans le ridicule. Déjà, vous entrez et il se trouve un type qui vous demande : « vous désirez ? » La prochaine fois, je répondrai : « un litre de betteraves » pour voir.

A cette détestation de fréquenter les commerces, je dois avouer que j’ai aussi horreur de dépenser du pognon pour des conneries (ce en quoi, j’ai bien changé), sauf, parfois, pour les pompes mais mon calcul est purement financier (une paire de pompes à 200 euros dure cinq fois plus qu’une paire à 100). Ce n’est pas de la radinerie, je crois, vu que je suis assez flambeur par ailleurs.

Toujours est-il que, lundi dernier, je me suis enfin décidé à acheter des chaussures. Tiens ! Parlons chaussures. Je fais partie de ces gugusses qui n’ont que deux ou trois paires de chaussures : celle de tous les jours, celle toute déformée pour les week-ends et les vacances et celle en réserve, que vous n’aimez pas trop mais qui est très bien dans les grandes occasions. A part les braves gens qui ont une activité qui nécessite des pompes spécifiques, je ne vois pas l’intérêt d’avoir plusieurs paires. Pendant des années, je n’ai fait ma vie qu’avec une seule (et des vieilles en réserve pour les urgences). Et encore, si actuellement j’ai une deuxième paire pour les vacances, c’est parce que j’ai retrouvée par hasard en faisant du ménage. Je ne la mets pas pour aller au boulot parce qu’elle n’est franchement pas faite pour…

Je ne comprends pas le rapport que peuvent avoir les hommes avec leurs chaussures. Au bureau, par exemple, j’ai des collègues qui en ont des splendides, bien cirées, pointues, mais le reste de leurs fringues est plus qu’ordinaire quand il n’est pas sale, froissé,… C’est masculin, presque viril, de cirer des pompes. Il faudra faire une thèse. C’est surtout très facile, à la portée du premier abruti : il suffit d’ajouter une couche de cirage par-dessus la crasse. Cela n’a évidemment rien d’hygiénique mais je suis prêt à parier qu’il y a encore des types qui cirent leurs groles tous les jours mais ne prennent qu’une ou deux douches par semaine.

Ce qui explique aussi ma haine des chaussures, comme signe extérieur d’élégance ou de propreté.

Ce qu’il y a de bien avec mes billets de blogs c’est que vous ne regarderez jamais plus les chaussures des autres comme avant. Vous imaginerez le porteur de beaux souliers les arborer pour faire croire qu’il est propre.

Toujours est-il que ma précédente paire de pompes datait d’environ 18 mois. Je l’avais achetée en Bretagne et j’avais fait l’erreur de les mettre pour rentrer à Paris. 4h45 assis : pas de problème, puis, à Montparnasse remonter tout le long du TGV pour aller jusqu’au métro, sans compter les couloirs à Place d’Italie et le trajet jusqu’à chez moi. Ces quelques centaines de mètres avaient été fatals à mes pieds ou, du moins, à mes talons, le cuir à l’arrière de la chaussure n’était pas souple. Le lendemain matin, je n’avais pas fait attention et les avais remises. Le soir, mes pieds étaient en sang, avec des cloques. Je me soignais normalement donc cela a fini par passer, puis à revenir, puis à passer définitivement. Un jour, n’y tenant plus, j’ai cassé le talon, mettant les machins comme des babouches, tellement j’avais mal. Et j’ai pris l’habitude de le faire assez souvent, ne mettant les chaussures normalement que pour les grandes occasions. Toujours est-il que j’avais passé environ deux mois à boiter. Au début, vous boitez parce que vous avez mal, le mal disparait mais votre musculature s’est plus ou moins déformée et vous prenez des mauvaises habitudes. C’était avant l’été 2013…

En janvier 2014, les braves gens de la RATP ont fait des travaux. La station où je faisais traditionnellement mon changement a fermé. J’ai fait le choix de changer à Chatelet ce qui nécessite de remonter des grands couloirs et de prendre des escaliers dans tous les sens. Un jour, j’ai fait une vague entorse ou un truc comme ça, en me « tordant le pied ». Rien de grave, avais-je jugé mais, toujours le même phénomène qu’avec mes cloques : ne pouvant pas plier la chaussure, je boitais et j’avais mal à tous les muscles de la jambe qui rattrapaient le coup, ce qui me faisait boiter encore plus. J’avais fini par mettre une bande pour soutenir la cheville, donc elle ne me faisait plus mal mais je boitais toujours. Ca a duré plusieurs mois. Les collègues qui ne se foutaient pas de ma gueule me disaient d’aller chez le toubib. Au bout de quelques temps, j’ai constaté que la douleur était moins forte le week-end et je mettais ça sur le fait que je marchais beaucoup moins, n’ayant pas Chatelet à franchir. Ce qui fait que je n’étais pas du tout inquiet : ma cheville allait se remettre. Je raconte la fin parce qu’elle est rigolote : j’ai remarqué aussi que j’avais beaucoup moins mal le dimanche après un séjour en Bretagne. Quoi de plus normal, vu que, quand je rentre, je prends mon vendredi. Les engrenages de mon crane se sont néanmoins mis en branle : quand je suis en Bretagne, je marche plus qu’à Paris car les bistros sont plus éloignés… J’ai alors eu l’idée de génie. Le lundi matin, au bureau, j’ai levé mon siège d’un centimètre et je n’ai plus jamais eu mal. Mon entorse n’arrivait pas à se guérir à cause d’une mauvaise position que j’avais quand j’étais devant mon ordinateur…

Toujours est-il que j’étais bien loin d’avoir envie de remettre des pompes sans le talon cassé.

En septembre ou octobre, c’est une collègue à moi qui s’est mise à boiter. Je me foutais gentiment de sa gueule parce qu’elle s’était foutue de la mienne. Elle avait aussi une vague entorse qui ne nécessite pas l’intervention d’un toubib. Cela a duré quelques semaines, je lui ai donc signalé le coup de la hauteur du siège. Elle est guérie. Je pourrais faire fortune dans la médecine.

Lundi dernier, j’ai donc décidé de mettre fin à ma période de chaussures bancales. Les commerces du centre-ville de Loudéac étant fermé, je suis allé dans un grande surface (Distri Center, de mémoire) de l’immonde zone commerciale que je boycotterais bien mais on n’a pas le choix. J’étais fermement décidé à acheter la première pompe que je trouvais si elle n’avait pas de lacets.

Tiens ! Je n’ai pas parlé des lacets. C’est un des machins les plus crétins que je connaisse. Quel imbécile a inventé les lacets ? On ne fait que les faire et les défaire. Les chaussures tiennent aussi bien quand ils sont défaits mais on risque de se casser la gueule. Ainsi, on est obligés de faire ses lacets pour ne pas tomber et c’est la SEULE utilité de ce geste.

Par contre, les mocassins sont toujours moches. Je ne sais pas pourquoi. C’est une règle. Je pense que les chausseurs ont une charte de déontologie, un serment d’Hippocrate à eux avec deux règles : avoir des conversations débiles avec les clients et vendre des mocassins affreux.

Il me fallait donc des chaussures fermant avec autre chose que des lacets mais pas des mocassins. J’ia trouvé d’horribles chaussures fermant avec un velcro mais pas aussi horrible que des mocassins. Le choix du modèle m’a donc pris environ 17 seconds. Le modèle d’exposition était du 43. Ca tombait bien. J’ai essayé. Ca m’allait. Consultant l’étiquette pour vérifier le tarif, je lis 19€99. C’était parfait. J’avais prévu un budget de 50 euros que j’ai cramés en achetant des caleçons et des chaussettes, ça sera déjà ça à ne pas acheter ultérieurement mais ça m’a valu une remarque idiote de la caissière. Ne revenons pas dessus.

Pour les chaussettes, j’ai pris 10 paires identiques.  Je vous conseille de faire pareil. De toute manière, personne ne regarde vos chaussettes. Prendre des paires identiques permet d’éviter de perdre du temps à en trouver deux, des chaussettes, pas des paires, qui puissent aller ensemble. Cinq minutes de gagnées à chaque lessive. Au moins ! Je suis un garçon très organisé. La plupart des ménagères lavent séparément le blanc des couleurs, par exemple. Moi pas. Je lave séparément les sous-vêtements et les chemises : à la sortie de la machine, les sous-vêtements vont directement dans un bac en plastique sans le moindre rangement méthodique que l’on pourrait attendre de la part d’un célibataire de mon cru.

Voila, j’ai terminé le préambule de mon billet. Vous savez pourquoi j’ai acheté des chaussures, pourquoi je l’ai fait dans une espèce de machin discount.

Je sais pourquoi ces chaussures ne coûtent que 19€99.

J’étais très bien dans ces chaussures neuves, je les avais prises légèrement trop grande. Je fais du 42 et demie. Ou « et demi » d’ailleurs. Bonne question. Donc j’achète soit du 42 soit du 43. Cette fois c’était du 43. Je ne vois d’ailleurs pas pourquoi on ne prendrait pas toujours des pompes trop grandes (sauf si on a à marcher, évidemment, je ne suis pas fou). Mais ne recommençons pas le préambule.

Ce matin, j’avais mal aux pieds en arrivant au bureau. Toute la journée, ça m’a tracassé. Et j’ai compris.

Les chaussures ont rétréci, hier soir, alors qu’il pleuvait. C’est pour ça qu’elles ne valaient que 19€99.

J’espère que les caleçons que j’ai achetés en même temps ne rétrécissent pas.


Amen.

13 novembre 2014

Connaître les bistros ?

Récemment, la patronne de la Comete faisait la fermeture toute seule. Il lui fallait rentrer les chaises et tables de la terrasse. Je lui souhaite bon courage et elle me dit " tu sais qu'il y a pire que de rentrer la terrasse". Avant qu'elle ne finisse sa phrase, je lui réponds : "oui, la sortir". 

Elle éclate de rire et me dit : "c'est exactement ce que je voulais dire, comment tu as deviné ?"  

Tous les matins, j'arrive au bureau vers 10 heures (ce qui explique pourquoi j'y suis encore à 19h30) et je vois les salariés des brasseries qui bossent. Ils sortent les terrasses. Les chaises, les tables, les parasols et leurs pieds lourds pour qu'ils résistent au vent. 

Ces lascars ne savent pas si c'est utile, s'ils vont faire du chiffre d'affaire avec. En novembre, ils arrêtent. Mais en octobre, ils ne savent pas. Ils sortent la terrasse s'il pleut à midi, le chiffre d'affaire coule. 

Et tous les soirs, on trouve au bistro des abrutis qui donnent des conseils au patron. C'est un rituel. Il faut que le pochetron donne des conseils. IL LE FAUT. Le patron écoute. C'est son job. Le client ne sait pas que c'est son job. Le client est persuadé connaître le boulot autant que le patron. C'est facile. Il faut un comptoir et de la bière pression. La fortune est faite. L'andouille donne des conseils. 

La patronne. Débutante dans le métier ? Bof ! Elle a des années de comptoir. Je suis le premier client a lui avoir dit que je pensais que sortir la terrasse était pire, comme corvée, que de la rentrer. 

Et les pochetrons donnent des conseils. 

12 novembre 2014

On ne pleure pas un copain

Hier soir, je rentre de Bretagne, l'Aéro était ouvert. Je décide d'y boire une verre (pour dire bonjour uniquement, hein !). Le patron était saoul comme s'il avait bu ce qui fait que je me demande s'il n'avait pas un peu picolé. Je me plonge donc dans l'iPhone jusqu'à l'arrivée du vieux Joël. Il arrive. On papote. Je me replonge. 

Je vais dans Facebook. Un copain (un vrai que je connais depuis près de vingt ans) repère que je suis là. Il m'envoie un MP (message privé). On discute et il m'apprend qu'un copain à lui (qui aurait pu être à nous, mais j'ai quitté les milieux qu'on fréquentait ensemble avant son arrivée) est mort. Je le sentais seul, derrière son PC, se sentant con de vouloir pleurer mais ne pouvant y résister. J'ai balancé deux ou trois banalités pour essayer de le réconforter sachant que je ne pouvais pas faire grand chose. 

Comme tous, il a une vie sociale, voit beaucoup de monde, mais à 21 heures, il est seul. Il ne veut pas déranger sa famille et n'a que les réseaux sociaux pour contacter les vieux potes. 

A un moment, il me demande : "on pleure comment un copain ?"  

J'ai répondu : "on ne pleure pas un copain. Je l'ai trop fait."  

J'ai en gros 15 ans de plus que lui, et, effectivement, j'ai eu plus l'occasion que lui de perdre des potes. C'est mathématique. Ne serait-ce que dans les blogs. Jean-Louis, Olivier, Philippe, Jean,... 

Je l'ai trop fait, de pleurer, disais-je. Je me rappelle de la mort du Coucou, Jean-Louis. Non seulement, je chialais colle une madeleine, mais il fallait en plus que je réponde aux questions des potes : on fait comment pour les fleurs et tout ça. J'étais resté droit dans mes bottes mais j'avais envie de répondre : vous me faites chier. C'est moi qui suis en deuil. Vous ne le connaissiez pas dans la vraie vie, moi si. C'est à vous d'acheter des fleurs et d'écrire un mot débile. Pour moi. J'avais perdu un vrai pote. Pas un personnage des réseaux sociaux. 

Sylvain, on ne pleure pas la mort d'un pote, je l'ai trop fait et tu le feras trop. Tu pleurerass la mienne (enfin, j'espère que je n'aurais pas à pleurer la tienne, compte tenu de la différence d'âge). 

On ne pleure pas pas la mort d'un pote, JE l'ai assez fait.