24 mars 2015

La France et ses dictons

Aujourd'hui, à l'étude : faute avouée à demi pardonnée". 


Ou : le Figaro et ses alertes...

19 mars 2015

Bon anniversaire Didier Goux !

Toute la semaine, j'ai pensé au billet que je pourrais faire, vu que je le lui devais, à cette vieille andouille (vu que l'an dernier j'ai oublié de le lui souhaiter). 

Je me serais foutu de la gueule de tout ceux qui ne comprennent rien à notre relation (ce n'est pas parce qu'on partage des constats qu'on est d'accord sur les causes, l'analyse et les solutions. Alors autant raconter des conneries dans les blogs). 

Je me serais foutu de sa gueule, non pas parce qu'il a une petite bite, mais parce que tout nous oppose : sa culture et mon ignorance, sa connerie et mon intelligence certifiée par le parti. Tout sauf...

Mais j'ai eu un contretemps que je raconte ici :
http://www.nicolasjegou.com/2015/03/salut-lulu.html

Les anniversaires, c'était mieux avant. Surtout qu'il ne fête même pas l'anniversaire des accords d'Evian. 

Bon anniversaire. 

15 mars 2015

Ramdane est une enflure

Vous vous rappelez quand je pariais de mon coloc dans mon blog ? Vous pouvez chercher. Figurez-vous qu’avec le vieux Joël, il nous a traités de tas de merde, hier. Alors, je suis en colère. Quand il était dans la merde, exilé  à la réunion parce que personne ne voulait plus de lui en métropole, je lui ai envoyé de l’argent. Quand il venait en vacances à Paris, je l’hébergeais à la maison.

Tiens ! Je me rappelle d’une fois où j’étais malade à crever à avec une grosse angine et une rage de dents. Il m’avait acheté un steak à bouffer mais je ne pouvais pas le bouffer. Ainsi, il avait passé une semaine chez moi sais passer le moindre repas à la maison. C’est fort, non ?

Je me rappelle d’une autre fois. Il n’avait plus de smartphone et était dans la merde. Je lui avais donné mon iPhone vu que j’en avais acheté un neuf ou, plus exactement que mon opérateur m’en avait donné un pour un montant dérisoire.

Je l’aimais bien, mon colloc. J’étais un peu partenaliste et ça. Je pourrais vous raconter la fois où je lui ai prêté des chaises car il n’avait rien et qu’il ne me les a jamais rendues. Je pourrais en raconter beaucoup.

Avant l’été, il s’est fâché. Il a essayé de casser la gueule à un type devant un bistro, un pseudo handicapé. La police est intervenue. Moi aussi, j’ai tenté de l’empêcher de tuer le type et j’ai convaincu les flics qui avaient mieux à faire que ce n’était qu’une bataille de pochetrons. Depuis, Ramdane ne nous parle plus. Il essaie de convaincre les patrons de bistro du quarter que je suis une merde et mes copains ne valent pas mieux.

Hier soir, le hasard a fait qu’on se retrouve dans le même bistro. Il nous a traités de merde, avec le vieux Joël, ce que j’ai moyennement accepté. Je fais preuve d’une certaine mansuétude. Sa connerie est un handicap qui pourrait être soigné.

Cela étant, il va falloir qu’il me demande gentiment s’il veut que je retire ce billet de mon blog et il en faudra beaucoup car je n’avais jamais vu une telle enflure.


A la prochaine étape, je rajoute son nom de famille dans le titre du billet, ça serait dommage que des internautes perdent du temps.

14 mars 2015

Des intrus au bistro

Armée de trolls devant la Comète
Ma journée fut moyenne, hier. Je suis arrivé en retard au travail vers 10h10 alors que j’avais une réunion à 10 et trois autres dans la journée, dont deux pour lesquelles il me fallait faire le compte rendu et mener les actions décidées, ce qui fait que j’ai quitté le bureau vers 19h45. N’allez pas dire « ah le pauvre il travaille beaucoup » : vous enlevez l’heure de déjeuner et les pauses diverses, ça fait une journée de moins de 8 heures. Mais fatigante. Ca m’apprendra à glander le matin… Le temps de boire un coup à côté du travail, je suis arrivé dans mon royaume vers 21h20. Il y avait là quelques sujets, de gauche à droite : Francis, un type qui passe tous les soirs boire un Ricard après avoir fait tous les bistros de l’avenue, « Chapeau », l’amant d’Odette, le vieux Joël, Odette et Geneviève.

Mon royaume ? Le comptoir de la Comète. Que des gens « de la bande », des personnages du blog, quoi ! Quelques personnes dinaient en salle et en terrasse. Joël racontait sa jeunesse aux serveurs Roger et Mehdi, un nouveau. Alors qu’on fait depuis une dizaine d’années la fermeture des bistros ensemble, je ne connaissais pas cette époque de sa vie. Je connaissais son enfance, mais pas la période entre elle et le milieu des années 70 quand il a commencé à bosser dans le spectacle. C’est assez rare, chez lui, ce n’est pas le genre de vieux qui ressassent des souvenirs. Ils rigolaient comme des madeleines. Du coup, je lui ai posé des questions, il m’a raconté.

Tout cela pour dire qu’on était bien. A part les loufiats, Joël et moi, tout le monde était cuit. Ces braves gens ont fini par partir. J’étais seul au bar. Il restait deux clientes en terrasses et Mehdi leur a demandé de passer au comptoir pour qu’il puisse faire le ménage. Il a fait les présentations. C’était deux jeunes filles charmantes et rigolotes d’autant qu’elle avait picolé juste ce qu’il fallait pour cela. Par politesse, on entame une conversation mais on se rend compte rapidement qu’on n’avait pas grand-chose à se dire. En fait, elles parlaient entre elles de sujets qui ne m’intéressaient pas. J’ai ressorti mon iPhone qui n’avait quasiment pas servi de la soirée et j’ai foncé dans les réseaux sociaux, m’écartant vaguement des dames pour leur montrer que je n’étais plus avec elles. Au bout d’une minute ou deux, l’une me fait une réflexion, du genre : laisse tomber ton machin, reviens avec nous dans la vraie vie. Ce à quoi j’ai répondu formellement avec des excuses : patati patata, j’étais en conversation dans Twitter avec des potes de la vraie vie et vous venez à côté de moi alors qu’on ne se connait pas et il faudrait qu’on parle. Et tout ça. La vraie vie est un truc assez drôle. Il ne faut pas confondre le réseau social, qui regroupe les gens que l’on connait, et le média social qui peut-être un comptoir ou Facebook.

En fait, le charme était rompu. Je n’attendais qu’une chose : qu’elles se cassent. J’aime bien terminer la soirée seul pendant que les serveurs finissent le ménage, fassent la caisse,… S’il y a des clients inconnus, les serveurs sont obligés de les virer assez tôt parce qu’ils ne savent pas jusqu’à quelle heure ils vont traîner. Il y a toujours des casse-couilles qui veulent boire un dernier verre quand les comptes sont bouclés : c’est impossible de les servir. Quand je suis tout seul ou avec un ou deux clients, ils savent que je partirai avec mon monde quand ils mettront leurs manteaux. Et quand je suis tout seul et qu’ils ne sont pas pressés, on boit un dernier verre…

Je me rappelle d’une époque où je bossais moins loin et plus tôt le matin. J’arrivais donc plus tôt dans le quartier. Je m’arrangeais pour arriver après 19h20 pour que les braves gens qui boivent un coup après le travail, soient partis et qu’il ne reste plus que les habitués du soir. Mon « 19h20 » pourrait sembler précis mais il résulte d’observations précises. Les types qui doivent rentrer pour dîner en famille se fixent une heure précise, 19h, pour rentrer et sont toujours un peu en retard…

Toujours est-il que les deux jeunes femmes m’importunaient pour des raisons foireuses : il y avait des intrus dans mon royaume.

Avant-hier, Alain, un copain, enterrait sa belle-mère. Il vient de moins en moins au bistro mais le soir il est passé, besoin de boire un coup avec les copains. Vers 21h30, les oreilles chauffaient d’autant qu’un groupe de clients rigolaient très fort en terrasse. Il s’est mis en colère et à crier très fort et les a engueulés. Nous le calmions mais a remis ça à plusieurs reprises. Vers 22h, elles (c’était un groupe de fille, ce que nous avons constaté en suite) sont parties. Il continuait à vociférer : « ah, enfin, elles comprennent,… » Les copains le retenaient et je faisais tampon entre elles et eux pendant qu’elles sortaient. C’était rigolo : chacune m’a présenté ses excuses pour le bordel et je répondais que c’était à nous de nous excuser et tout ça.

Toujours est-il qu’Alain était venu à la Comète pour nous voir, pour trouver le calme du comptoir  et qu’il avait été gêné par des rigolades en salle. Il y avait des intrus dans son royaume.

Dans les années 2000, j’allais souvent en déplacement à Brest. Après quelques tâtonnements, j’allais toujours dans le même resto, le soir (grande salle presque vide, bouffe de qualité, service sympa). Au bout d’un an ou deux à raison d’un ou deux repas par semaine, le serveur a changé. Aussi sympa que le précédent mais ne connaissant pas encore mes habitudes, ne m’apportais plus le journal et une bière quand j’arrivais. Je m’étais forgé un royaume, inconsciemment, bien sûr, et tout était à refaire. En moins d’un mois, j’ai fini par déserter.

Parfois, le sentiment est inverse : on a l’impression d’être l’intrus dans le royaume des autres. Le personnel est aux petits soins, avec vous. Au bout de peu de temps, les loufiats vous connaissent mais vous avez l’impression d’importuner les autres clients (qui ne vous accordent pourtant aucun intérêt). Du moins, c’est mon cas, parce que j’aime bien les bistros où je suis habitué. Je suis très fidèle. Je pourrais en faire un billet.

Prenez les deux donzelles d’hier soir. Pour elles, rien de plus normal. Elles sont en salle, le bistro ferme, le serveur leur propose de passer au comptoir et leur présente le seul client présent. Elles n’avaient aucune raison de penser qu’elles interrompaient une sorte de rite. Elles ont dû me prendre pour quelqu’un de passage, comme elles, un type qui avait diné et venait prendre une dernière bière au comptoir. Si j’avais été à leur place, ce qui m’arrivait souvent quand je faisais beaucoup de déplacements professionnels (ailleurs qu’à Brest,…), j’aurais immédiatement compris que j’aurais été un intrus.

Les pires sont les intrus professionnels, qui s’imaginent que vous êtes là pour les mêmes raisons que lui : discuter avec des gens au hasard, et qui n’arrivent pas à comprendre que ce n’est pas le cas. Quand je vais dans un bistro inconnu, c’est parce que j’aime ça. Ce n’est pas pour rencontrer des gens. Les rencontres sont une conséquence, pas une fin en soi.

D’ailleurs, je parlais de l’iPhone et de la réaction de la gonzesse. Les smartphones et les réseaux sociaux m’empêchent clairement de rencontrer des gens dans les bistros, pas d’aller au bistro, d’écouter, de regarder,…. Les rencontres, dans le bistro, ne peuvent se faire qu’au fil du temps. J’ai horreur de la rencontre d’un soir. Vous devenez subitement copain d’enfance avec un type que vous ne reverrez jamais. Il faut qu’il soit drôle pour que cela soit tolérable.

Ainsi, dans le bistro, dans le royaume, les clients habitués sont comme des meubles. Les clients de passage sont la raison d’être du lieu (gagner de l’argent…) mais quand ils ne respectent pas vos habitudes, ils deviennent des intrus, des gênes, vous les haïssez, vous les prenez pour des cons, au sens propre de ce mot, s’il pouvait avoir une définition, des types sans intelligence, grossiers,…

Des trolls.



12 mars 2015

Bon anniversaire, ma poule !

Il a changé tant de fois de pseudo depuis qu'on se connaît que je ne sais plus comment l'appeler ! G, S, P, V, R,... Je crois qu'il avait 19 ans à l'époque et c'était un des premiers types à s'intéresser à mon blog. Comme il en a 29 aujourd'hui (je viole un secret), cela fait donc 10 ans. Comme mon blog a 9 ans de puis octobre, soit il y a une erreur de calcul soit il fréquentait déjà mon blog dans ses cinq premiers mois. De mon blog pas de lui. 

Ce qui fait plaisir c'est qu'il ne soit pas né six semaines plus tard, nous aurions alors plus de vingt ans d'écart et je serais vieux. S'il était né une semaine plus tard, il aurait 30 ans de moins que Didier Goux (note pour jeudi prochain : fêter l'anniversaire du vieux)(note pour plus tard : ne connaître que des types nés une année finissant par 6, en mars ou avril, cela permet de recycler les billets de blog et de faciliter les calculs). (Et en plus non seulement j'ai moins de vingt ans de plus que lui mais Didier Goux a plus de dix ans de plus que moi). (Essayez de suivre. Par exemple avec Poireau, nous avons six semaines d'écart). 

Je lui souhaite donc un bon anniversaire. Comme en plus il passe son CAP prochainement, on a l'impression qu'il a dix ans de moins. C'est un peu compliqué d'autant que cela fait à peu près 10 ans qu'il bosse dans le numérique. 

Toujours-il que nous commentions nos blogs respectifs. De sa lointaine Province, il est monté à Paris. Il a débarqué directement à La Comète. Et on a bu un coup préalablement tiré à la pression. Ça fait un ou deux lustres. 

Bon anniversaire ! 

11 mars 2015

A voile et en réaction

Photo trouvée sur internet par un blogueur ayant oublié le nom du bâteau. Joshua.
Suite à mon billet au sujet de Florence Arthaud, un commentateur me rappelle ces cartes qu’on avait et où on plaçait des épingles ou punaises selon la dernière position connue des bateaux lors des tours du monde et des courses transatlantiques, à la fin des années 70.

Aujourd’hui, les bateaux sont équipés de balise Argos qui donnent leur position en permanence pour des raisons de sécurité. Les navigateurs ont des GPS qui leur donnent leur propre position. A la grande époque, ils faisaient le point « à la main », avec un sextant, une boussole, une horloge et ce genre de bricoles.

Je ne sais pas si les marins actuels savent encore le faire (probablement que si, ils doivent avoir un « permis bateaux », qui contient sûrement des épreuves « théoriques »).

Toujours est-il qu’ils communiquaient leur position par radio à leurs proches, aux organisateurs, aux organes d’informations… s’ils en avaient envie. Certains ne disaient et d’autres allaient jusqu’à mentir. C’était une stratégie pour ne pas indiquer aux concurrents ce qu’ils faisaient.

Nos épingles ne servaient pas à grand-chose si ce n’est à noter les dernières positions connues… Et un jour la radio nous disait que le premier était arrivé alors qu'on ne l'attendait pas.

Il faut dire qu'il n'y avait pas de sponsors qui voulaient qu'on parle d'eux au quotidien dans le poste.

C’était quand même mieux avant dit-il en réactionnant un peu.

10 mars 2015

La dernière légende de la voile

Pen Duick III n'ayant rien d'autre à faire que d'illustrer un billet sur Florence Artaud
Je crois bien que c’est Florence Arthaud qui m’a dégoûté de la voile et, croyez-moi, c’est un bel hommage ! Il me faut donc m’en expliquer…

Tout petit, déjà, j’étais passionné par ce sport, vénérant Tabarly et lisant Sir Francis Chichester et Bernard Moitessier. Je me rappelle que l’on suivait les courses, en famille. On allait à Trinité voir les bateaux. Je me rappelle même d’une course avec Pen Duick VI, dans le golfe du Morbihan. Avec notre 420, nous faisions la couse avec ce géant qui remontait la rivière d’Auray. J’ai de très précis souvenir de la Transat Anglaise, en 1976 (j’avais 10 ans). Tabarly avait gagné après plein de problèmes (il avait même fini par faire demi-tour avant de changer d’avis). La course était promise à Alain Colas sur son énorme Club Méditerranée mais il avait eu quelques avaries dans la dernière ligne droite.

Tabarly ! C’était un peu le Bernard Hinault même si je vois mal pourquoi je fais le rapprochement, celui qui ne renonce jamais, qui 16 ans après sa première victoire dans une grande transatlantique allait révolutionner la voile avec son Paul Ricard et son record de traversée de l’Atlantique. Vraiment rien à voir avec Hinault et il n’est pas le sujet de mon billet. C’est Florence Arthaud qui est morte cette nuit dans un stupide accident pour une émission débile. Pourquoi je parle d’Hinault, moi ? Ah ! Oui ! Les deux grands sportifs français de mon adolescence, avec Tabarly.

Je me rappelle aussi très bien la première route du Rhum, en 1978. Il me semble qu’on était allé au départ, à Saint Malo. Un brin de chauvinisme là-dedans. Un Français avait gagné la transat anglaise et nous avions enfin notre transat à nous, tout comme un peu après, nous avions notre tour du monde, le Vendée Globe. J’ai toujours en tête cette arrivée de Michaël Birch, doublant Michel Malinovsky sur la ligne d’arrivée. Florence Artaud était déjà là, la première femme, arrivée 11ème (de mémoire, j’ai lu ça ce matin, je n’ai plus de souvenirs d’époque).

L’année suivant, on avait eu la transat en double. Ma mémoire me joue des tours, j’étais persuadé qu’elle avait été remportée par Marc Pajot et Eric Tabarly, sur le Paul Ricard, mais ils n’étaient que deuxième, derrière Eugène Riguidel et Gilles Gahinet. Un couple de femme, dont Florence Arthaud, était cinquième.

Les bateaux évoluaient rapidement, devenant des monstres, attirant de plus en plus de visiteurs. La passion a duré jusqu’à mes trente ans environ, les transatlantiques mais aussi les tours du monde, la coupe de l’América, mais, à partir du moment où j’ai commencé à travailler, j’ai arrêté de faire beaucoup de la voile, suivant cela de plus en plus en loin. La technologie et donc le pognon ont commencé à prendre le pas sur les navigateurs (ce qui n’enlève rien au talent des actuels pratiquants, il faut du talent pour avoir la confiance d’investisseurs !).

La voile est un sport particulier. Le dernier vainqueur de la route du Rhum avait 54 ans, Loïck Peyron. C’est peut-être un des seuls sports où les capacités physiques ne sont pas primordiales. Je me rappelle avoir assisté quelques secondes à une conversation avec un petit bonhomme, quand j’avais 14 ans, sur le port de la Trinité. Je ne l’avais pas reconnu. C’était Eric Tabarly. J’avais été impressionné par sa petite taille. Florence Arthaud a été la première femme à gagner une grande course. Elle est entrée dans la légende, comme y rentrera peut-être Peyron mais j’ai bien peur qu’elle soit la dernière. Elle y rejoint d’autres personnages légendaires que j’ai cités ou pas, Tabarly, évidemment, Chichester, Birch, Moitessier,…

Ce sport s’est popularisé. Des millions de braves gens suivent les courses.

Combien d’entre eux se rappelle la folie de Bernard Moitessier qui, en tête d’un tour du monde, a finalement décidé de ne plus rentrer et continuer sa route vers la Polynésie ? Combien d’entre eux voient Kersauson comme un marin et pas un guignol qui fait le con à la radio ?

Le côté aventurier de la course au large a disparu, ce qui n’enlève rien à la capacité des hommes et de la technologie. Des millions d’andouilles simulent des courses sur internet et s’imaginent en mer. Les bateaux sont guidés par GPS et des équipes de météorologues qui agissent depuis le continent.

Florence Artaud était la dernière de ces aventuriers, je crois.

Les exploits de ces hommes et femmes, qui se sont succédés depuis qu’Eric Tabarly a battu le record de la traversée de l’atlantique sur Paul Ricard ont tué la légende. Lui-même, avec son premier bateau qui n’était pas un Pen Duick, l’a tué.

Je me rappelle quand le Pen Duick III avait mouillé en face de la maison de vacances, On l'avait vu de la terrasse, un matin, et reconnu immédiatement. Je m’étais précipité sur ma planche à voile pour le voir de plus prêt. Quel gamin serait capable de reconnaître un bateau au mouillage (sans voir les panneaux publicitaires), aujourd’hui ?


Adieu Florence. Mes condoléances à la famille et aux proches de toutes les victimes de ce tragique accident.

09 mars 2015

Le retour du vieux Jacques

Blogueur influent donnant son point de vue au bistro.
Je vois de moins en moins le vieux Jacques et ne raconte plus trop d’anecdote à son sujet. Le mois dernier, il a perdu sa carte bancaire. Le temps que la banque lui en sorte une autre, il était coincé (il a pu tirer de l’argent au guichet mais c’est retrouvé sans espèces). Un samedi, il va déjeuner à l’Amandine et décide qu’il paiera par chèque, persuadé que cela ne posera pas de problème. Il ne demande pas l’autorisation au serveur et, au moment de régler, le met devant le fait accompli.

Cela aurait été plus simple d’aller voir le patron et de lui demander un crédit pour quelques jours (c’est un bon client qui ne pose jamais de problème, le patron aurait accepté sans la moindre hésitation).

Du coup, le serveur (le fils du patron) lui dit que la maison ne prend pas les chèques. Voila le vieux Jacques qui se fâche tout rouge, du genre : « vous êtes obligés de les accepter, c’est la loi », tout juste s’il ne menace pas d’appeler la police.  Je n’étais néanmoins pas là et ne peux pas raconter les détails. 

Toujours est-il que Jacques est parti et a déclaré qu’il ne remettrait les pieds dans l’établissement, promesse qu’il  n’a mis qu’une quinzaine de jours à abandonner.

Toujours est-il que nous avions rendez-vous à la Comète, hier, et que je me suis foutu de sa gueule avec cette histoire. Il a été vexé, évidemment, d’être pris en défaut dans un commerce alors il me ressortait la loi.

La loi ? J’ai fait une recherche Google : un commerçant est obligé d’accepter les chèques s’il est membre d’un centre de gestion agréé. J’ignore totalement si l’Amandine est membre d’un centre de gestion agréé. Il n’y a pas d’affiche montrant qu’il est membre d’un centre. Si l’Amandine était membre d’un centre de gestion agréé, elle serait obligée d’en informer sa clientèle. Je suppose donc qu’elle ne l’est pas. Comme elle fait appel aux services d’un expert-comptable (je le sais suite à une discussion avec le patron), elle n’a pas besoin d’adhérer à un « CGA » pour bénéficier d’avantages fiscaux.

A priori, Jacques est dans son tort mais la loi est bien compliquée, je ne jure de rien. La loi a été faite dans les années 1970 pour favoriser le paiement par chèques et semble un tantinet obsolète. Sur le blog politique, je pourrais faire un billet sur la suppression des chèques. D’ailleurs,…

Toujours est-il que Patrice qui nous a rejoints pendant la discussion était assez d’accord avec ma position et sur le fait que celle de Jacques tient plus de la rumeur. Notons bien que je n’étais pas formel, j’argumentais avec ce que je connais de la loi et avais oublié cette histoire de centre de gestion agréé.

Alors, Jacques s’est à nouveau fâché. Patrice l’a vite rejoint. Il était surtout fâché avec lui-même, il avait juré ne pas boire d’alcool vu qu’il devait aller voir Marcel Le Fiacre à l’Hôpital.

Ils se sont installés en terrasse pour déjeuner car ils étaient pressés, pas moi. J’ai donc fini calmement mon apéro et je les a oubliés sauf qu’au moment où mon plat est arrivé, j’ai constaté qu’ils n’avaient pas eu les leurs. Ils avaient été zappés par Roger, le serveur, qui est parfois un peu nonchalant.  Du coup, Jacques était encore plus en colère. Ils ont fini par être servis.

Jacques est parti en criant qu’il ne mangerait plus jamais là…


Christian,  l’autre serveur, était en colère contre Roger car il devait aller présenter les excuses de la maison (je ne sais pas ce qui est passé dans la tête de Roger, c’était presque les seuls clients). Du coup, il ronchonnait dans sa barbe, ce qu’il continuait à faire, le soir, quand je suis repassé vers 19h.

07 mars 2015

Bistro Kabyle télescopique

Comme tous les samedis soir quand je suis à Bicêtre et que l'Aéro est ouvert, j'y vais, avant même la fermeture de la Comète. Il faut que tous les commerces marchent. 

J'arrive, je bois une bière et constate que les trois clients, Néné, Moustapha et un autre sont saouls. Ils s'engueulent sérieusement et vont jusqu'à se foutre sur la gueule. Mais comme ils sont bien pleins, les coups tombent dans le vide. Rigolo. Je fais des vidéos mais n'arrive rien à en tirer. 

Je vous ma bière et Karim, le patron vient vers moi.  Il m'annonce qu'il lâche la boutique. Il "met en gérance" et c'est "l'autre" dont je parlais, qui va prendre la boutique. Je le connais un peu mais sans plus. Je suis un peu déçu parce que le bistro devrait se kabyliser un peu plus. Rien de grave mais cela vire au communautarisme. 

Toujours est-il qu'un client se pointe, Victor. Je le connais un peu et nous commençons à discuter sérieusement de choses et d'autres. Voilà Néné qui se mêle de notre conversation. Je monte le ton, je gueule en simulant une colère ce qui est la meilleure façon de virer les ivrognes. 

Voila le futur patron qui se pointe. Il ne savait pas que je jouais un rôle et commence à m'engueuler à son tour, menaçant de me foutre dehors. 

Je lui dis alors : connard, je picolais deja dans ce bistro alors que tu n'étais pas né (ce qui est faux mais pas à dix an près) et que j'y picolerai encore quand il aura été saisi pour ne pas avoir réussi à payer les fournisseurs. 

Il se préparait à me foutre une baffe (vu son état, je n'étais pas inquiet) quand Karim, l'actuel et futur ancien patron est intervenu. Je cite de mémoire : Nicolas a raison et ON NE TOUCHE PAS A NICOLAS, CONNARD.  

Je suis perplexe. 

Somnambule ?


Ce matin, je me lève aux aurores. Internet, ménage, internet. À 10h30, je décide de faire une pause dans le néant de mon samedi matin. Je me recouche et m'endors profondément. 

A 10h35, l'interphone sonne. Je pense que ça fait près de 10 ans que ça n'est pas arrivé (il faut un digicode pour arriver à l'interphone, comme je ne le connais pas, je ne peux le donner à personne). Ca ne pouvait être que le facteur pour un recommandé. Je décroche, dis "allo" et j'entends une conversation qui n'avait rien à faire dans un interphone, un peu comme quand on reçoit un appel téléphonique d'un pote qui a fait une erreur de manipulation et vous a appelé par erreur en rangeant son portable dans sa poche. Je dis allo et tout ça et au lieu de raccrocher j'appuie sur le bouton pour ouvrir la porte (réflexe idiot mais n'utilisant jamais l'interphone, je ne sais pas comment il marche).

C'est alors que j'entends un type qui me cause. Il avait un fort accent que je caricature ici pour que vous comprenez bien mes interrogations : "Monsieur Jeugou, c'est le facteuw, vous pouvez descendwe, j'ai un wecommandé pouw vous". Je bafouille alors une connerie d'usage et il poursuit : "oui vous pouvez descendwe, je dois faiwe signer la copwopwiété". Je dis ok j'awwive. Non. Ok j'arrive. 

Je mets un pantalon et des chaussures. Prends mon iPhone (pourquoi ? Le cerveau humain et les réflexes). Je n'oublie pas mes clés et je descends. C'était le facteur qui avait un paquet de recommandés à faire signer aux habitants de la résidence. Il s'agissait de la convocation à l'assemblée générale de la copropriété. Je discute un peu avec lui (ce qui fait que les gens qu'il a appelés avec l'interphone pendant ce temps ont du être surpris comme moi). Il me dit : "nowmalement, je monte pouw les wecommandés, mais là, ça fait twop."   Effectivement, la plupawt des wésidents sont pwopwiétaiwes. 

Je remonte chez moi et je fais des trucs (je ne sais pas quoi, vous vous rappelez de ce que vous faites en arrivant chez vous ?). Toujours est-il que je me suis remis dans la tenue dans laquelle j'étais avant de descendre, à savoir sans pantalon et sans chaussures. Je m'étais réveillé dix minutes avant, dans le cirage, des réflexes. 

J'ai mis le recommandé par terre devant la porte (pour être sûr de le voir lorsque je serai sorti de de mon état toujours proche du sommeil éveillé). Je ne sais pas ce que j'ai foutu ensuite, toujours est-il que j'ai remis les pieds dans la réalité un peu après. J'ai vu l'heure, 11, et me suis dit qu'il serait bien que j'arrive à la Comète avant 11h30, pour voir la patronne (une autre histoire). J'ai continué à vaquer. 

Toujours est-il que j'ai un trou de mémoire d'un quart d'heure, environ, alors que je n'ai pas picolé (la semaine fut exceptionnelle avec une cuite le lundi et le mercredi). 

Vers 11h45 (un quart d'heure trop tard, donc), je vais pour aller prendre ma douche. J'enlève ma tenue de nuit pour me mettre tout nu (ne bandez pas, hein !). Je passe devant ma porte et vois le recommandé. Ou le wecommandé, je ne sais plus. Ah mewde, ça me wepwend. Je le prends et le range. Toujours à poil (restez zen !). 

Et je constate un truc. Devant ma porte, il y avait bien eu mon recommandé mais pas mes chaussures que je laisse toujours là. Je m'interroge. 21 ans, un mois et cinq jours que j'habite là.  J'ai toujours laissé mes chaussures dans l'entrée. Je ne les range que pour pouvoir passer l'aspirateur ce que j'avais fait avant de les mettre pour aller chercher le recommandé. Ou le wecommandé. 

Je fais le tour de l'appartement (petit, trésor petit, on n'y perd pas des chaussures, surtout quand en 21 ans on les laisse toujours dans l'entrée). 


Je suis interrompu dans mon récit par l'arrivée de mon plat. 

J'ai bien retrouvé le pantalon que j'avais mis pouw descendwe en uwgence. Mais les chaussures n'étaient pas là. Rien à faire. Rien. 

Je me dis donc que je les ai enlevées avant de rentrer. Je me mets à réfléchir. Bon. Je suis sorti pwendwe un wecommandé. J'ai mis un pantalon. J'ai pwis mon iPhone et je suis sorti. Je regarde. Mon iPhone etait à sa place. 

Je ne vois qu'une seule solution : dans mon espèce de coma, j'ai enlevé mes chaussures avant de rentrer dans l'appartement. Je vais donc pour ouvrir la porte. Je tourne la clé. Elle ne tournait pas. 


Ah ! Voila le dessert. 

20 ans que j'habite là et que je ferme à clé quand j'arrive (pour ne pas oublier la clé en repartant). Étrange. J'ouvre donc la porte avec la poignée. Les chaussures n'étaient pas là. Le couloir fait un angle, je décide donc d'aller voir jusqu'à l'assenceur. Les chaussures n'étaient pas là. 

Me voilà depité. Je me décide donc à aller voir jusqu'à ma boîte à lettre. Je vais donc pour ranger les clés que j'avais à la main dans ma poche. C'est alors que je me rends compte que j'étais à poil : je n'avais pas de poche. 

Je rentre alors en vitesse à la maison, ferme la porte à clé, décide de reporter les décisions à plus tard, prends ma douche. 

Je rentre dans ma chambre et vois par hasard les chaussures sous mon lit. Me voilà rassuré. 

Toujours est-il que je ne comprendrais jamais pourquoi :
1. Je suis entré chez moi pour la première fois en vingt ans sans fermer la porte à clés. 
2. Je suis allé dans ma chambre enlever mes chaussures. 
3. Je suis allé dans ma chambre enlever mes chaussures (bis) puis retourné dans le salon enlever ce pantalon que j'avais mis en urgence.
4. Je suis sorti de chez moi à poil pour trouver des chaussures. 

Deviendrais-je somnambule ?