19 mai 2012

Serrure, géraniums et handball

« Le changement de serrure, c'est maintenant ». Voilà ce que j'aurais pu dire, ce matin, vers 11h. Hier soir, j'étais au bistro quand est arrivé mon pote Dominique. Nous discutons quelques minutes puis je lui demande s'il peut passer à la maison : j'avais une serrure à changer et je n'arrivais pas à enlever l'ancienne. Il me dit : « Dis-moi quelle est l'heure la plus judicieuse et je passe demain matin. » Je comprends le message : « Passe vers 11h30, on prendra l'apéro ensuite. »

Il est arrivé vers 11 heures (il fallait en effet que nous ayons le temps d'en acheter une neuve sur le modèle de l'ancienne, ça coûte 6€70 pour un mécanisme complet, c'est dérisoire). Ceci explique pourquoi je n'ai fait aucun billet de blog ce matin. Je tenais pourtant un sujet intéressant : l'impact de la sortie de Nadine Morano sur les échanges commerciaux entre l'Inde et les USA.

J'ai trouvé un autre prétexte pour ne pas faire de billet de blog demain.

En effet, ce soir, un mach de Handball très important a lieu à Loudéac, opposant notre équipe locale à l'équipe de « Territoire Est Charente Handball ». N'allez pas croire que je m'intéresse à un machin qu'on appelle aussi du sport mais le bistro où se retrouvent les joueurs après les entrainements et les matchs est le 1880 !

Pour que vous compreniez bien l'importance de ce match, je suis obligé de parler technique sachant que je n'y comprends strictement rien.

Voilà le haut du classement de la poule 2 de Nationale 3 :

1 NIORT HB SOUCHEEN 67
2 TERRITOIRE EST CHARENTE 61
3 AL CHATEAULIN HB 61
4 AL LOUDEAC HB 60

Loudéac est quatrième. S'ils gagnent le match, ils passent devant « Charente ». Si Chateaulin perd, Loudéac sera deuxième. Il passeront en division supérieure, c'est-à-dire, la Nationale 2, celle où évolue le Kremlin-Bicêtre, ce qui serait rigolo.

La probabilité que Loudéac gagne est forte : le match se joue à domicile et l'équipe est en forme et n'a pas perdu un match depuis pas mal de rencontres. Battre le numéro 2 pour le dernier match de la saison serait une bonne raison en soit de faire la fête.

La probabilité pour que Chateaulin perde, par contre, est assez faible, je crois (je n'en sais pas grand chose, je ne connais absolument rien en handball, tout ce que je sais c'est que les gonzesses se trémoussent devant les joueurs au bistro pendant que je reste avec mes vieux potes au comptoir). Mais Chateaulin a une très forte probabilité de perdre trois points suite à une erreur administrative de leur part.

Je vous explique cette boulette. La 19ème journée des championnats régionaux était planifiée pour le 28 et 29 avril mais avait été avancée au 17 et 18 mars. C'est en quelque sorte, « l'équipe B » qui y participait. La 19ème journée de Nationale 3, elle a bien eu lieu le 28 et le 29 avril, avec « l'équipe A ». Or un des joueurs de « l'Equipe A » avait joué avec « l'Equipe B » le 17 ou 18 mars et avec « l'équipe A » le 28 ou 29 avril. Mais ces deux journées comptent toutes les deux pour la deuxième journée des championnats respectifs or un joueur n'a pas le droit de jouer la même journée dans deux équipes différentes (on comprend aisément pourquoi : il serait trop facile d'envoyer des joueurs « d'équipe A » aider « l'équipe B » si leurs matchs sont par exemple un le samedi et l'autre le dimanche).

L'équipe (a priori la A) de Chateaulin a commis une bourde que nous allons immédiatement qualifier objectivement d'odieuse tricherie puisqu'elle pénalise Loudéac.

Si vous avez tout compris c'est que je suis un formidable pédagogue. Si vous n'avez pas compris, c'est que vous êtes con.

Toujours est-il que Chateaulin devrait perdre 3 points et Loudéac devant, logiquement gagner le match (mais soyons fair play, les adversaires sont très forts). Ainsi, Loudéac se retrouverait deuxième de la poule 2 de Nationale 3 et se retrouverait logiquement en Nationale 2.

Ce qui s'arrose, vous en conviendrez ?

Parallèlement, se tient à la salle municipale la fête du Comité de Jumelage de la ville de Loudéac avec la ville de Budingen. Or, le Comité de Jumelage est un ramassis de socialos, tout comme la section Handball de l'amicale Laïque. Notons que ce ne sont pas les mêmes socialos : vous connaissez le PS, les chapelles ont tendance à se foutre un peu sur la gueule, parfois...

Le bistro de prédilection du Handball étant le 1880 et se trouvant à une grosse centaine de mètres de la salle municipale en question, je suppose que tout ce beau monde devrait se retrouver au 1880 vers minuit.

Le patron du 1880 a obtenu une dérogation pour fermer sa crèmerie plus tard que d'habitude, c'est-à-dire à 2 heures du matin.

Vous comprendrez assez facilement que la probabilité pour que je fasse un billet de blog demain matin est assez réduite.

Le changement de division, c'est maintenant !

Sans compter que j'ai une autre occasion de fêter quelque chose : nous sommes mi mai, et même si le temps est franchement pourri, je vais sortir les géraniums.

D'ailleurs, je vous laisse.

Le changement de place des géraniums, c'est maintenant.

17 mai 2012

Politique sentimentale

La période politique est très animée et beaucoup de noms de personnalités circulent, à droite, comme à gauche, qu'ils soient « entrants », « pressentis » ou « sortants », et je me rends compte que les sentiments que pouvaient avoir certains de mes proches ne sont pas logiques, ne reposent sur rien de vraiment objectif. Dans les blogs ou dans les Google Groups dont je fais partie, on entend des critiques qui me surprenne !

A titre d'exemple, FalconHill a fait un billet pour exprimer son sentiment sur chacun des nouveaux ministres. Il dit qu'il déteste Vincent Peillon. Je ne vois pas pourquoi. Faut dire que je n'arrive à détester personne sauf deux ou trois casse-couilles au comptoir... Et encore, à force de les croiser, j'arrive à éprouver de l'affection. Sur l'échiquier politique je n'arrive à détester qu'une seule personne (je ne dirai pas qui, même pas qu'il est chef de l'UMP) alors que je sens certains blogueurs éprouver une véritable haine contre certains. Quand je vois, par exemple, ce que certains de mes camarades de parti ou de parti frère disent à propos de Manuel Valls, je suis effaré. On peut ne pas être en phase avec son positionne politique, voire être détester ce positionnement, mais ces attaques aux personnes me sont insupportables.

Alors je me suis posé la question à moi-même pour une série de personnalités politiques : pourquoi ai-je un sentiment particulier pour eux ?

Je me suis rendu compte que les réponses étaient toutes idiotes.

Je me suis limité à quelques membres du gouvernement pour ne pas faire un billet trop long, mais je pourrais prendre d'autres membres du PS. Tiens ! Je me rappelle d'une fois où j'avais papoté avec Marie-Noëlle Lienemann (elle m'avait pris pour un membre important du PS alors que je n'étais à Solférino qu'en tant que blogueur, pour le premier tour des Régionales). Depuis, j'écoute toujours avec attention quand elle cause dans le poste.

Il y a même des gens de droite dont je pourrais dire le plus grand bien au risque de me faire détester par mes camarades.

Attention ! Billet en mode neuneu et pas sur le blog politique !

Ministres triés par ordre alphabétique sur le prénom suivi du nom par mon traitement de texte.




Arnaud Montebourg En page 2 du Canard Enchaîné, on voit ce que François Hollande pense de lui (avant de le nommer Ministre de la Reproduction ou un truc comme ça). Je suis d'accord avec lui. Il n'empêche que j'aime bien Montebourg pour la seule raison que des gens pour qui j'ai beaucoup d'affection sont parmi ses plus fervents supporters. C'est idiot.


Delphine Batho
J'ai regardé la passation de pouvoir entre Michel Mercier et Christine Taubira. Au moment de faire son discours, cette dernière a invité Delphine Batho (qui est un peu son adjointe) à la rejoindre au pupitre. Ca m'a bêtement ému alors qu'il y a encore un mois, j'aurais totalement été incapable de la reconnaître. Tout ça parce que je l'ai vu une fois dans une conférence de presse...

Fleur Pellerin
J'ai une mauvaise estime d'elle à cause de la photo qui lui sert d'avatar dans Twitter. C'est étrange qu'aucun conseiller ne lui ait dit de changer de rouge à lèvres...

Laurent Fabius Comme d'autres, je devrais le détester pour un tas de raisons, mais j'ai passé tellement de temps à le défendre, du temps « d'avant les travaux » quand le comptoir était bien à droite, avec des vieux cons qui l'accusaient presque, 15 ans plus tard, d'avoir mis lui-même le virus du sida dans des lots de sang.


A force de dire du bien de lui, il m'est devenu sympathique...


Manuel Valls Je devrais le haïr, il représente des positions assez opposées aux miennes, mais, pendant l'Université d'Eté du PS, je me suis retrouvé quasiment seul avec lui (il attendait dans une salle de presse qu'un journaliste vienne le chercher pour une interview et j'attendais les copains des leftblogs). Il regardait la télé (l'interview de Martine Aubry, je crois) et moi, je le regardais lui et essayais de deviner ses sentiments. C'est idiot, mais depuis, je vois en lui un petit bonhomme plein de courage, de poigne, … plus qu'un Ministre de l'Intérieur.


Marylise Lebranchu C'est un cas à part, elle est native du même patelin que moi donc je suis sa carrière politique depuis longtemps et c'est une des personnalités pour lesquelles j'ai le plus de respect. Nos familles (et sa belle famille) se connaissent (se connaissaient...) assez bien (son père était le patron de mes parents et mon prof de tennis ; son beau-père était toubib, je crois bien que c'est lui qui a mis au monde ma petite sœur).


Nous nous sommes croisés une fois, à l'été 2010. Elle était venue dans le bistro que je fréquente (elle et ses parents sont liés avec le patron) avec sa sœur. J'étais le seul client. Nous avons un peu papoté de foot ball (je ne me suis pas présenté en tant que blogueur politique, même si mon blog était number one à cette époque, elle était là pour se détendre dans une très mauvaise période pour elle).


J'ignore tout de ces compétences en tant que Ministresse... Mais c'est largement celle en qui j'ai le plus confiance, même si elle est copine avec Martine Aubry.


Najat Vallaud-Belkacem Je devrais m'en foutre complètement mais j'ai des copains blogueurs socialos Lyonnais (dont Bembelly, à qui je pique la photo) qui lui vouent une très grande estime, donc je l'aime bien.



16 mai 2012

Lectures de voyage

Ne voulant pas prendre une voiture de location (pour éviter de faire la route ce soir ou demain et dimanche), je suis rentré en train. Mais comme je me suis pris trop tard, j'ai été obligé de partir ce midi (tu parles d'un blogueur politique, le jour de l'annonce d'un gouvernement...) et je ne rentre que lundi dans la soirée.

Je suis à Rennes dans le vieux train qui va à Saint Brieuc en 1h30 pour une centaine de kilomètres car il s'arrête partout. C'est rigolo, il est fréquenté par des habitués qui se connaissent et discutent entre eux.

Fait exceptionnel, j'ai décidé, à Montparnasse, d'acheter une revue plutôt qu'un livre. Je suis tombé sur un numéro du Nouvel Obs sorti après la prise de l'Elysée et les cérémonie.

Intéressant de lire autre chose que la presse en ligne, les blogs, le Parisien, 20minutes et le Canard Enchainé.

Du coup, à Rennes, j'ai décidé d'acheter un grand quotidien national. Le premier que j'ai pu attrapé dans la cohue de la gare est Libération.

Ma batterie d'iphone ne tiendra pas (mais la rédaction d'un billet dans le train est une tradition).

Twitter est impatient avec l'annonce du gouvernement.

Je lis Libé et le Nouvel Obs.

Tu parles d'un retour de la gauche...

11 mai 2012

Jeudi burp

Je n’ai pas eu le temps de vous raconter la journée d’hier. Le repas du midi, avec Pierre et @Hypparkos fut parfait et le Kremlin des Blogs d’hier soir fut fidèle à tous les autres, avec le sentiment du devoir accompli en plus.

Ce billet est illustré par des photos prises lors du repas du midi dans un très sympathique restaurant du quartier de Bibliothèque François Mitterrand ce qui fut un excellent choix pour un 10 mai. Non pas en l’anniversaire de son élection mais en celui du triomphe de la gauche caviar.

Nous avons commencé par un verre de vin blanc. J’ai oublié la marque. Ensuite, une bouteille de Mirambeau, un Bordeaux blanc pour accompagner la sardinette, une invention du patron à base de sardine pilée et de Roquefort, si ma mémoire est bonne.

Ensuite, Pierre a pris du poulet au citron, Hypparkos du boudin aux pommes, si ma mémoire est bonne et moi, une espèce de ragout de taureau, vachement bon. Les plats étant bien différents, le seul vin que nous pouvions boire est un Château Louvière de 1982, un grand vin de Graves. Mon Dieu ! Ce nectar !

Nous ne pouvions pas terminer ce repas sans un fromage. J’aime bien le fromage mais je n’aime pas en manger. Dans le temps, c’était le contraire. J’aime bien manger du gruyère, par contre, mais uniquement dans un emballage rouge. Ceci est à peu près véridique. Il faudra que j’en parle à mon psy. Quand j’étais petit, comme fromage, je n’aimais que le gruyère d’une certaine marque, dans un emballage rouge. Ca m’est resté sauf que j’ai commencé à manger du fromage lors de certaines obligations mondaines. Dans certains milieux, qu’ils soient ploucs ou mondains, ça ne se fait pas de dire qu’on n’aime pas le fromage, on passe pour un mauvais Français. L’habitude m’est restée : je ne mange du fromage que lors que j’en ai vraiment l’occasion ou quand il y a du gruyère.

Je ne suis pas chez mon psy.

J’ai pris du fromage, cette fois, parce que je n’ai pas trouvé d’autre prétexte pour boire le Meursault blanc. Les autres l’auraient fini entre eux, ce qui n’aurait pas été bien. J’aurais pu prendre un dessert mais une nouvelle bouteille de rouge se serait imposée.

Un apéro et trois bouteilles de vin à trois, le score est honorable : j’avais prévenu mes collègues de travail que j’arriverai tard et qu’il ne faudrait pas me confier de mission importante ensuite. Ce qui est d’ailleurs raté, il a fallu que je prenne une décision murie en urgence. J’ai réussi.

Le restaurant est en fait une cave à vin où le taulier a disposé quelques tables et peut servir une quinzaine de couverts.

Les deux autres gros ont fini par un vieux rhum mais je suis parti avant (les alcools forts me faisant dormir quand je les prends après les repas : sieste assurée sur place).

Les coulisses du vin, 1 rue Primo Levy, à Paris.

Le soir, le Kremlin des Blogs était conforme à ce que doit être un Kremlin des Blogs sauf que Tonnégrande a mangé avec nous vu qu’il y avait Rosselin et la dauphine de Miss France 2007 (si ma mémoire est bonne).

Les plus fidèles des leftblogs étaient là. @Gularu, @lpinjos, @amsika, @elc95, @melclalex, @sebmusset, @vogelsong, @zededalus, @sarkofrance, @politeeks, @megaconnard,... Nous étions heureux de nous retrouver après ces mois de lutte !

@olympeblogueuse était là également, pas mécontente, finalement, de l’élection de François Hollande, contrairement à @thibauldm que nous avons consolé. Il y avait aussi Yannick dont j’ai oublié pseudos et autres identifiants et @m_le_maire.

Il y avait un nouveau vin du mois, à la Comète. Un truc un peu original mais j’ai oublié quoi… Nous avons été très raisonnables. 7 bouteilles, je crois. Non, pas chacun, en tout. Avec Rosselin et Tonnégrande dans le lot, vous admettrez que c’est peu !

A mon avis, à la fin, Gularu était un peu saoul.

Ce n’était pas le seul.

Par contre, j’étais étonnement en pleine forme ce matin alors que j’étais encore en train de commenter les blogs peu avant minuit et que je me suis levé à 6 heures.

Ce qui est la preuve qu’il vaut mieux faire deux orgies par jour qu’une seule.

Néanmoins, il faudra que j'arrête d'organiser des Kremlin des Blogs alors que j'ai un déjeuner déjà planifié pour le midi.

10 mai 2012

KdB du 10 mai pour un 6 mai

@Gularu, @thibaultdm, sa copine, @lpinjos, @rosselin, @amsika, @elc95, un type que je connais pas en face de lui, @melclalex, @sebmusset, @vogelsong, @zededalus, @sarkofrance, @m_le_maire, @politeeks, @megaconnard ...

Ramdane, Tonnégrande, Lolox,...

On attend @olympeblogueuse et, peut être @romain_pigenel !

La fine fleur de la blogosphère !

Publicité utile

Je participe à la réunion de l'amicale de la gauche caviar.

Sympathique restaurant

Avec Hip et Pierre.

09 mai 2012

Ma première élection

MHF lance unechaîne de blog, comme souvent. Il s’agit de décrire « la première fois » où l’on se souvient d’un soir d’élection Présidentielle. J’ai totalement oublié 69 et 74, j’étais trop jeune. J’ai également oublié 88 et 95. Le deuxième tour de 2002 n’offrait aucun intérêt et j’ai oublié 2007, le résultat était connu d’avance et je crois me rappeler que j’étais parti en ribouldingue avec des potes.

Reste 81. Je venais d’avoir 15 ans et m’intéressait un peu à la politique. Je n’ai plus trop de souvenir de l’annonce du résultat et de, je suppose, la joie qui devait régner, à la maison. Par contre, j’ai des souvenirs très précis du reste de la soirée.

Ca fera 31 ans, demain.

J’avais mon « correspondant Allemand », à la maison. Il ne me reste qu’un seul souvenir de lui, son nom de famille, Fabricius, en plus de cette soirée. Nous avions convenu de la passer avec une copine, Isabelle (je crois), et son correspondant à elle (un grand gaillard frisé). Cela n’avait rien à voir avec l’élection.

Mes premiers souvenirs sont de nous deux, Fabricius et moi, marchant sur la rocade de Loudéac pour aller chez elle. Je ne comprends pas pourquoi je me rappelle de ça et pourquoi nous ne sommes pas allés chez elle en vélo.

Les parents d’Isabelle faisaient partie de ces petits bourgeois, bien à droite, qui étaient fanatisés par Giscard. Le champagne était au frais mais ils n’ont pas eu l’occasion de le sortir… Quand nous sommes arrivés, vers 20h30, ils étaient déjà couchés et pleuraient probablement dans leur lit.

Du coup, Isabelle a pris la bouteille et nous l’avons commencée (un verre chacun, le grand gaillard s’étant chargé de finir la bouteille) dans sa chambre.

L’élection de 2012 est finie. Je me rappellerai probablement toujours de cette soirée sur le plateau de France 2. Elle est finie, la vie doit reprendre normalement, alors je vais moi-même taguer quelques copains : Yann, FalconHill, Gaël, Homer, Poireau, …

07 mai 2012

Ma Bastille à l'Aéro

Il était environ 22h20 quand j’ai quitté le siège de France 2. Juste avant, j’étais passé aux toilettes. En sortant, un attroupement dans le couloir m’a obligé à attendre. C’était Lionel Jospin qui se faisait interviewé. Quand ils eurent fini, Lionel Jospin s’est dirigé vers la sortie des artistes et est passé à juste devant moi. Je n’ai pas osé lui serrer la main, trop impressionné. C’était un peu le monstre sacré de la soirée.

Ensuite, j’ai envoyé un SMS à Gularu pour savoir s’il y avait moyen de boire un coup vu que je passais près de chez lui pour rentrer mais, finalement, je n’ai pas insisté (il m’a indiqué dans Twitter qu’il venait de rentrer de Bastille où je comptais aller). J’ai reçu, ensuite, cinq ou six SMS qui m’avaient été envoyés dans la soirée (mais le téléphone est coupé, dans le studio). Il y en avait un de Ramdane à qui j’avais promis de l’appeler dès que je connaitrais les résultats. Il me demandait ce que je foutais. J’ai alors pris la décision de rentrer à Bicêtre après m’être assuré qu’il restait des bistros ouverts. J’aurais pu aller à Bastille mais j’aurais eu du mal à trouver les copains.

L’ambiance était particulière, sur le plateau. Avec @Authueil, on était juste à côté de la grande table avec les invités, comme si on était des membres du décor. J’avais l’impression que la soirée se passait à une vitesse incroyable et que chaque interview était très courte. A part les interviews, les séances semblaient particulièrement nulles vu qu’on n’avait que le son… On entendait des journalistes nous parler du cheminement d’Hollande. Ah ! La porte de son bureau est toujours fermée. Sa voiture se dirige vers la place. Sa voiture se dirige vers l’aéroport. Sa voiture se dirige vers Bastille. Il ne reste plus que 100 mètres. Il ne reste plus que 150 mètres. Il ne reste plus que 300 mètres. Véridique…

Alors, arrivé à l’Aéro, j’étais calme, serein, heureux. Karim aussi. Il y avait un seul client. Une armoire à glace d’origine Polonaise qui posait un tas de questions à propos de la politique de la France à Karim qui n’avait qu’une seule réponse : « On s’en fout, on l’a viré, on a gagné ».

Ramdane est arrivé peu après et m’a pris dans ses bras. J’ai horreur de ces effusions. Pourtant, lors du discours de François Hollande, à la Bastille, j’y suis allé de ma petite larme. En 1981, j’étais trop jeune pour comprendre. Hier, c’était des années de déveine qui étaient enterrées. Le candidat que j’avais soutenu dès le départ venait de gagner l’élection présidentielle et j’en étais fier.

Karim qui n’était pas franchement à jeun m’a raconté la soirée. Il avait collé des affiches de François Hollande sur les portes du bistro et avait installé un drapeau « Le changement, c’est maintenant » qui avait été arraché, ensuite, par un abruti. Karim était en colère mais fier de sa réaction : il n’a pas bougé, laissant les cons dans leur merde.

J’étais bien content d’être avec lui, avec Ramdane et avec les deux ou trois autres types, heureux, sirotant des bières au comptoir. Les autres me manquaient, j'aurais aussi voulu être avec les copains blogueurs. On ne peut pas être partout.

A 1h20, je suis rentré, les autres sont partis à ma suite, Karim aussi.